Cameroun : Ruben Um Nyobe ou la révolution manquée


Vendredi, 23 Avril, 2010
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Ruben UM NYOBE est propulsé à la tête de l’Union des Populations du Cameroun au mois de novembre 1948, six mois après la création de ce mouvement de libération nationale, dont le but est d’obtenir l’indépendance et la réunification du Cameroun. La lutte de L’Union des populations du Cameroun prend ses racines dans la résistance contre le colonialisme qui, au Cameroun, fut d’abord celui de l’Allemagne pour devenir ensuite celui de la France et de l’Angleterre pendant la première guerre mondiale.

Pour Ruben UM NYOBE, le citoyen camerounais doit être au centre de toutes les initiatives et les décisions, autrement dit, il doit être consulté au préalable. Il déplore évidemment la maltraitance et le manque de considération des colons à l’égard des indigènes et il prône un programme-école qui permettrait aux camerounais de recevoir une formation adéquate pour assumer les charges d’Etat. Il est l’un des premiers hommes politiques de la nation à mettre en garde des dangers du tribalisme, de l’ethnicité et de la régionalisation dans la politique locale. Il s’emploie à la Réunification des Cameroun britanniques et français.

Ruben UM NYOBE considère que la France n’a dès lors aucune légitimité pour s’imposer plus longtemps à l'une Nations qui veut enfin être maitresse de sa destinée. 

Ruben UM NYOBE apparait comme le leader le plus charismatique et le plus populaire du nationalisme camerounais. Et c’est sans aucun doute la force de cette entreprise naissante de subversion qui poussera, à partir des années 1955, le gouvernement colonialiste à prendre des mesures de répression brutale. Le 13 juillet 1955, le gouvernement colonial décrète que l’UPC est désormais illégale. Ruben UM NYOBE se réfugie alors dans sa région natale tandis que ses camarades Félix MOUNIE, Abel KEGNE, et Ernest OUNDIE prennent le maquis dans l’administration britannique. A l’instar de ses camarades algériens ou indochinois qui mènent des insurrections armées, Ruben UM NYOBE voulait faire prévaloir le droit et la négociation face à une armée française, bien structurée, qui sème la terreur auprès des militants et sympathisants de l’UPC. Lorsqu’il accepta enfin la création d’une structure armée en 1956, il est déjà trop tard. Le 13 septembre 1958, Ruben UM NYOBE est assassiné par les troupes françaises dans le maquis. Il succombe à la barbarie coloniale et à l’impossibilité de celle-ci d’entreprendre, de supporter une vision du monde et un rapport à la colonie marquée par le sceau de l’égalité. Le 1er  janvier 1960 La France a donné une certaine indépendance à un pays dirigé par des hommes qui ne se sont jamais battus pour l’obtenir et Ruben UM NYOBE aura ainsi manqué sa révolution.

 

Jacques EBOSSE MOUDIO (SOS Racisme 80)

Bonjour,

Ayant vécu à Edea dans les années 60, j'étais à l'école primaire, je suis content de voir l'information sur la décolonisation au Cameroun apparaïtre peu à peu.

Si Jacques Ebosso Moudio est dans le département de la Somme, nous pourrions nous contacter, j'y habite.

Cordialement

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