Nathalie Arthaud répond aux 10 propositions pour faire de l'égalité une réalité


Mardi, 6 Décembre, 2011
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Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière à l'élection présidentielle de 2012 a accepté de répondre aux 10 propositions de la Fédération Nationale des Maisons des Potes. Bonne lecture.

Régularisons les travailleurs sans papiers.

Oui, nous sommes pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Pas au cas pas cas, mais vraiment pour tous. Aujourd’hui, c’est inadmissible de voir des travailleurs, des gens qui essaient de gagner leur vie, vivre la peur au ventre, se sentir traqués.. Qui évitent de prendre le métro, de fréquenter certains lieux. Ce n’est pas tolérable. Nous sommes donc pour la régularisation de tous les sans papiers. Dans cette société, quand on est riche on peut aller partout. Aucun problème de papiers. Les problèmes de papiers, c’est toujours pour les plus pauvres. Je combats tout cela et je rêve même d’un monde où il n’y aurait plus besoin de papiers.

30% de profs en plus dans les ZEP.

Je pense que dans les ZEP, il faut mettre les professeurs, les enseignants qu’il faut. Et peut-être même plus que 30% supplémentaires en réalité. Ce que l’on voit, c’est qu’aujourd’hui l’éducation de la jeunesse défavorisée est sacrifiée. Je suis conseillère municipale à Vaulx en Velin, et je travaille à Aubervilliers aussi. Et ce qu’on voit dans ces villes, c’est que tous les instituteurs qui étaient là pour s’occuper des enfants en difficultés, ceux du réseau RASED notamment sont tous supprimés les uns après les autres. Et on se retrouve avec des classes qui atteignent jusqu’aux 30 élèves. Ce n’est pas possible ! Aujourd’hui il faut mettre beaucoup plus de moyens là où il y en a besoin, là où les enfants sont issus de familles qui n’ont pas eu accès elles-mêmes à l’éducation et qui parfois maitrisent moins la langue. Je vois ça comme un gâchis. Et je suis enseignante, je me rends bien compte que quand on s’intéresse aux jeunes et aux enfants, on peut leur faire faire, et apprendre énormément de choses. Ce que je dénonce aujourd’hui c’est que ces moyens on ne les met pas, et ça passe par des enseignants, par un encadrement adulte. Je suis révoltée quand on dit que les uns et les autres sont en échec scolaire. En réalité c’est surtout qu’ils sont rejetés par l’éducation nationale. Et ça c’est aussi le fruit de la politique du gouvernement.

Anonymisons les candidatures aux logements HLM.

Je suis pour la lutte contre la discrimination au logement. Je ne sais pas si le simple anonymat pourra faire sauter ce verrou parce qu’éffectivement il est aussi sur le terrain social et donc sur les fiches de paye. Je ne suis pas sure que le simple anonymat empêchera ça. Mais tout ce qui peut aller dans le sens de la lutte contre cette injustice criante et de l’exercice du racisme ordinaire, nous somme pour. Mais sur le logement, le problème c’est aussi de construire massivement les logements qui manquent ill faut que tout le monde y ait accès. Je pense à un ordre d’un million de logements. Aujourd’hui il y a 3 millions de familles mal logées ou pas logées. Il faut répondre à ca en mettant en œuvre un vrai plan de construction de logements sociaux. Ca demande de l’argent mais de l’argent il y en a dans la société. Il y a des bras, qui peuvent construire, il y a des ingénieurs, des capitaux. C’est possible mais on ne le fait pas parce qu’il faut passer par ces messieurs les capitalistes qui décident si c’est rentable ou pas pour eux.

Formation professionnelle des lycéens.

C’est un vrai problème. Je connais des anciens élèves qui sont maintenant en BTS, en IUT, qui doivent faire des stages et qui ne trouvent pas. C’est un vrai problème et je suis donc pour ce qui va dans ce sens là. Je suis aussi pour rendre obligatoire les entreprises de prendre en stage mais aussi de les rendre payants. Il y a souvent de l’abus. Souvent les entreprises voient de la chair fraiche qui arrive, bonne à exploiter. On leur fait faire le sale boulot. Et même en formation, on leur fait tenir des postes de travail, et donc cela mérite salaire. Mais aussi d’etre comptabilisés dans les droits sociaux.

Ouvrons 100 000 postes de fonctionnaires dans un ministère de l'éducation populaire et créons un FNDVA à partir de 10% des taxes sur les jeux de hasard.

C’est une idée de prendre 10 % des taxes sur les jeux de hasard.  Il y en aurait bien d’autres. Les profits, on en entend peu parler, à cause de « la crise » mais les entreprises continuent de faire des bénéfices, de distribuer des dividendes. Ce sont ces profits qui alimentent la spéculation. Cet argent il existe mais est gaché. Je pense oui qu’il faudrait prendre l’argent qu’il y a dans la société pour titulariser les animateurs, les éducateurs. Je pense que l’éducation ne passe pas que par l’école et que les associations font un travail vraiment précieux. Ce sont des portes qui s’ouvrent aux jeunes qui se découvrent des envies et peuvent se projeter dans l’avenir. Il faut le préserver. Je suis convaincue que l’éducation nationale plus les associations qui permettent de toucher à la culture c’est très important. Ca dépend évidemment d’avoir des moyens, et ça passera forcément par une lutte.

Permettons la création culturelle et audiovisuelle dans les quartiers grace à 10% de la redevance TV.

Je suis convaincue que dans les quartiers il y a des centaines de Mozart, de Vivaldi, des Spielbergs, des Jamel Debbouze. Dans la mesure où ces quartiers sont relégués et n’ont pas accès à toutes ces ouvertures, on ne les voit pas émmerger. Ca fait partie du gâchis de la société actuelle. Oui, il faut trouver les moyens financiers. Là, sur la redevance, tout à l’heure sur le PMU. On ne pourra pas améliorer le sort des classes populaires si on ne se décide pas à prendre l’argent là où il est. Il est dans les poches d’une minorité capitaliste et d’une bourgeoisie innondée de milliards. C’est un combat, une lutte qui doit se mener. Sinon on devra se contenter des miettes qui tombent de la table. La population qui fait tout tourner cette société a  le droit à ce que les richesses produites leur reviennent aussi.

Ouvrons les emplois fermés aux étrangers sans discriminations.

Je suis bien sûr d’accord avec cela. Une partie de mon engagement politique est fondé sur la révolte des inégalités. Si on est aujourd’hui en Chine, en Afrique, au brésil dans les favelas, on a quand même beaucoup moins de chance d’avoir une vie facile, digne. Où que ce soit que l’on naisse, on doit avoir la possibilité de choisir sa vie. Je suis contre tous ces obstacles. Je tiens par ailleurs à souligner que je suis pour le droit de vote des étrangers. Je ne vois pas pourquoi on leur demanderait de faire allégeance avant de leur donner la possibilité de s’exprimer pour un pays qu’ils contribuent à construire

Ouvrons des centres d'hébergement d'urgence pour les femmes victimes de violencesdans les villes de plus de 30 000 habitants.

Je suis tout à fait d’accord. Pour que la possibilité soit réelle pour ces femmes de sortir de cet engrenage il faut leur donner la possibilité d’être hébergées, de pouvoir rebondir, je soutiens complètement cette proposition.

Doublons le montant de l'aide juridictionnelle.

C’est un début. Je ne suis pas sûre que ça assurera l’intégrale égalité. Ne serait-ce que connaître ses droits, ce n’est pas facile dans la société actuelle. Ceux qui sont riches ont de ce point de vue là des longueurs d’avance. Il faut les rattraper et donc je suis pour favoriser tout le soutien juridictionnel dont on peut disposer. D’autant plus qu’ils ont mis un forfait d’entrée en justice pour aller en procès. Sur la justice il y a aussi toutes ces lois qui sont inégalitaires et souvent protègent plus les affairistes que les plus pauvres qui sont durement sanctionnés. C’est un chantier très important.

Enseignons la laïcité à l'école.

Je pense qu’on pourrait faire mieux au niveau de la laïcité. Je travaille dans un lycée, tous les vendredis j’ai le droit au poisson, ce qui m’énerve parfaitement. La laïcité commence aussi par ça. Il y a beaucoup de progrès à faire. Je militerais aussi pour mettre en valeur nos points communs. Je suis athée et n’ai pas de marque spéciale à défendre. Quelques soient nos croyances, nationalités, il faut prendre conscience que les exploités, qu’on soit au travail, au chômage, qu’on galère de petit boulot en petit boulot, en vivant de quelques heures de ménage, on fait tous partie d’une même classe exploitée, et qu’on a à se défendre en commun. S’il y a une solidarité pour laquelle je veux militer, c’est celle-là. La solidarité de tous les travailleurs confrontés à la société où c’est l’exploitation, l’inégalité et les injustices qui dominent.

Faire de l’égalité une réalité, ça passera forcément par un combat long, puissant, de millions de personnes. En réalité c’est un programme pour émanciper complètement la société de l’exploitation et de la loi du profit.

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