Hamou et Kouame : avec et sans testing, la justice condamne !


Mardi, 10 Décembre, 2013
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 « Je ne peux pas louer à des gens de couleur ». Cette petite phrase, glissée au détour d’une conversation téléphonique enregistrée par SOS Racisme, condamnera son auteur, Madame Maurel, gérante de l’agence CIT, à Toulouse, Monsieur Labatut, le propriétaire de l’appartement que souhaitaient louer Gilles et Malika, ainsi que Annie GARNIER, membre de l’agence immobilière de Cheuvry pour avoir refusé de louer un appartement à Monsieur Florentin Kouamé.

Poursuivie en justice, la gérante de l’agence avait indiqué qu’elle ne faisait qu’obéir aux consignes du propriétaire. Cette tentative de justification n’a pas fait mouche, ni auprès du parquet ni auprès du juge, qui ont reconnu l’existence d’une discrimination raciale à la location.

 

Ainsi, en mars 2003, chacun des discriminateurs a été condamné à une amende de 3.000 euros et au paiement de la somme de 1.000 euros à Malika Hamou au titre des dommages et intérêts, en plus des frais d’avocats.

 

L’association antiraciste, qui s’était portée partie civile avec Me Etelin, percevra 1.100 euro. Cette double condamnation représente une grande victoire pour l’égalité des droits des candidats au logement.

 

C’est une double satisfaction pour SOS Racisme. « Le tribunal a, d’une part, validé le testing téléphonique en prenant en compte la cassette enregistrée et il a aussi fait savoir aux propriétaires qu’ils ne pourront plus se cacher lâchement derrière leurs agences, qui n’ont aucune raison de faire des discriminations», indique Samuel

Thomas, son vice-président de l’époque qui avait procédé aux testings par téléphone.

 

Aujourd’hui, Malika et Gilles ont pu se loger à l’aide d’amis. Mais l’air toulousain semble particulièrement pollué depuis l’explosion d’AZF. En effet, les médias, loin des règles d’éthique et de déontologie, ont bien encouragé la xénophobie latente en propageant la rumeur de « l’attentat terroriste commis par un tunisien, Hassen Jandoubi ».

 

L’enquête a établi la responsabilité exclusive de l’entreprise dans l’accident. Le travailleur tunisien, par ailleurs français, est donc l’une des cinquante victimes, sans distinction de race et de religion…

 

Mais les dégâts étaient faits dans les cerveaux désinformés, appelés « opinion publique ». Et personne pour mettre leurs oeuvres sous leur nez aux journalistes, tout média et blog confondu.

 

La « main invisible » de la xénophobie peut continuer à reléguer aux bans les uns et à jeter au fleuve les autres, nous rappelle Abdenour Dzanouni, journaliste.

 

L’agence immobilière de Cheuvry, quant à elle, a été condamnée en appel à 2.000 euro d’amende, alors que le dossier ne reposait que sur la parole de la victime !

 

« J’espère que ça servira de leçon pour les autres agences », déclarait Florentin Kouamé, qui habite désormais dans l’Essonne avec sa femme et ses quatre enfants.

 

Naïla DBdL

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