La Cité enfin sous (bonne) presse


Lundi, 16 Novembre, 2009
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Le 13 octobre dernier, à la Villette, une grande rencontre entre médias des quartiers, institutions, et journalistes cherchait à réduire la fracture entre médias et banlieues. Explications.

(source photo: lipietz.net)

C’est un constat que les habitants des quartiers populaires peuvent faire au jour le jour : au-delà du périph, la représentation journalistique du quotidien est bafouée. Et ce, même si les médias s’intéressent aujourd’hui davantage qu’avant (et mieux sans doute) à la question des quartiers populaires. Notamment depuis les émeutes de 2005 et via la question très à la mode de la diversité. Mais le bitume des banlieues a trop brûlé sous les gyrophares de la police et les flashs des caméras voyeuristes : la plupart de leurs habitants n’aiment pas les journalistes, pas plus que les policiers.

Pour réduire ce fossé, l’Association Presse et Cité a organisé, le 13 octobre dernier à la Villette à Paris, une grande journée de débat. Le thème : médias des quartiers, des solutions à la crise médiatique ? Au menu, médias des quartiers, journalistes, sociologues, des militants de terrain, des élus, de grands témoins comme Rachid Arhab. Avec diverses idées en toile de fond : le manque d’intérêt des médias pour les quartiers, qu’il soit structurel ou idéologique, est aussi un manque à gagner considérable pour les médias, auprès de plus de dix millions de consommateurs potentiels qui s’en détournent. Plus grave : un décalage abyssal qu’il crée dans la représentation réelle d’une gigantesque fraction du corps social français.

Conséquence positive : les habitants des banlieues ont appris à prendre la parole, pour se définir comme ils l’entendent, et non plus pour être définis par les autres. L’association Presse et Cité (www.presseetcite.info) veut permettre à ces médias de s’organiser, de se faire entendre des autres journaux et des institutions. Des acteurs qui devraient les considérer comme autant d’expériences constructives, d’actions citoyennes, au niveau local, comme autant d’instances de formation pour ceux qui ne peuvent pénétrer le très élitiste milieu journalistique, comme autant de relais de proximité pour une presse en manque de repères, de crédibilité et de public dans les banlieues.

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