ZEP : Zone d’Education Pimentée !
Quelle est l’ambiance dans vos établissements respectifs ?
Sophia : C’est lamentable. Mon fils à fait des aller retour entre le privé et le public. En ZEP, les profs sont souvent absents et nous, les parents, ne sommes jamais informés directement de cela contrairement au privé. Avec cela, on nous accuse de laisser traîner nos enfants ! Il y a aussi les ambiances de groupe qui sont beaucoup plus néfastes ici qu’ailleurs. On cumule les enfants qui ont des difficultés donc ça crée une énergie d’ensemble négative.
Countel : C’est très électrique à cause de règlements de compte internes ou externes, la différence de niveau entre élèves (de démotivés à excellents) et le personnel qui a diverses motivations. Certains profs baissent les bras mais heureusement qu’il y a un groupe fort qui use de toutes les méthodes pour aider les élèves, les plus combatifs, pour sortir du défaitisme. Moi, je ne désespère jamais…
Que vous inspire le mot : autorité en ZEP?
Sophia : elle est inexistante. Les « profs/copains » se laissent vite débordés par 25 gosses en furie. Il ne s’agit pas de les martyriser mais négocier son autorité avec un môme, venir débraillé…c’est se mettre à son niveau. Il peut donc vous provoquer comme un pote… D’ailleurs, c’est devenu un jeu pour eux.
Countel : elle est possible. Je recadre chaque conversation. Il manque des bases à beaucoup d’élèves : dire « Bonjour », ne pas fuir une discussion argumentée, comprendre qu’un adulte a une légitimité... Je m’accroche tout le temps car j’ai des résultats. Au départ, j’avais peur des jeunes qui font deux fois ma taille[…] heureusement qu’un surveillant, d’origine africaine et âgé de la quarantaine, m’a pris sous son aile pour que j’apprenne à mieux maîtriser les situations difficiles. Il use de connaissances sur la double culture par exemple et ça marche souvent.
Et le mot espoir ?
Sophia : Il est dans le privé pour mon fils ! L’établissement nous a laissé tombé, il quittera donc le public !
Countel : j’ai des exemples d’élèves agressifs ou paumés que j’ai vus évoluer positivement grâce à un suivi progressif. Quand un jeune se sent guidé, il bascule du côté de l’espoir alors je suis là pour lui !
Publier un nouveau commentaire