Les ZEP : la facilité préférée à l’efficacité


Jeudi, 21 Mars, 2013
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Renoncement et charité creusent les inégalités

 

«Que l’on ne vienne pas me dire que sur la question des moyens nous n'aurions pas de marges de manœuvre  parce que nous serions contraints par le carcan de l'austérité ou que nous aurions les mains liées. Si l’on continue dans cette voie la seule dette que nous laisserons à notre pays : c'est l'ignorance. A la base de la réflexion sur la création des zones d'éducations prioritaires il y a un double renoncement : l'éradication de la pauvreté et celui de l'universalité de l'éducabilité. L'éducabilité consiste à être convaincu que tous les enfants sont capables d'apprendre et que l’on doit donc offrir à tous les enfants les mêmes moyens pour apprendre. Finalement ce qui se joue là c'est l'abandon d'un projet de société révolutionnaire au sens où il y aurait rupture avec l’ordre anciennement établi. On se contente, à l’inverse, de simples ajustements à la marge visant à satisfaire le plus grand nombre. Il y a ici un relent de charité selon lequel il faudrait proposer des aides à ceux qui sont le plus défavorisé, se dédouanant  ainsi d’avoir à résoudre le fond du problème : les inégalités sociales. Je ne me résous pas à ce double renoncement. Il y a eu une forme d'acceptation et même d’amplification de cette ségrégation à partir du moment où, en 1981, les ZEP ont été crées. Dés lors, on a voulu rattacher les établissements scolaires à un territoire, sur fond de grande vague de politique de la ville qui a amené les ZEP à n’être que des déclinaisons des zones franches que l'on connait et qui visent à abandonner les territoires et les populations à qui l’on propose quelques mesures de saupoudrage  pour gagner la paix sociale.»

François Cocq

 

 

 

François Cocq

Secrétaire national à l'Éducation et aux Services publics du Parti de Gauche, François Cocq est professeur de mathématiques dans un collège. Il est également l’auteur avec Francis Daspe de l’ouvrage « L’école du peuple, Pour l’égalité et l’émancipation » paru aux éditions Bruno Leprince en août 2012. Il milite pour des enseignants mieux formés disposant d’une liberté pédagogique plus grande.

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