L’Espagne maltraite sa jeunesse


Lundi, 7 Octobre, 2013
Logo

 

Depuis que la crise a commencé, et notamment depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Populaire (droite), la société espagnole et particulièrement la jeunesse a vu ses droits énormément diminuer. Le taux de chômage des jeunes espagnols est le plus élevé d’Europe. Un chiffre qui a atteint les 56,4% en février 2013.

L’éducation, à quel prix ?

 

Les dernières mesures adoptées par le gouvernement ne furent pas d’aider à la formation des jeunes, mais d’augmenter le coût des inscriptions aux universités publiques à partir de la dernière année scolaire. Avant 2012, il fallait compter autour de 600 euros pour s’inscrire en Droit et jusqu’à 1300 euros pour entrer en Médecine. Depuis 2012, le gouvernement central a autorisé les gouvernements régionaux à augmenter ces prix jusqu’à 2100 euros dans plusieurs universités de Médecine madrilènes (ndlr : le revenu médian espagnol se situe à 12 514 € par an en 2011, source Eurostat). Les bourses d’études se réduisent à peau de chagrin.

 

Pour la formation professionnelle, antérieurement gratuite dans tout le pays, 400 euros de frais d’inscription sont exigés dans la Communauté de Madrid. Les aides au logement et à l’autonomie ont presque disparu. S’émanciper de ses parents est devenu mission impossible.

 

Les manifestations des étudiants et des citoyens sont souvent interrompues par les interventions violentes de la police. À Barcelone, dans une des grèves générales qui a eu lieu, une femme y a perdu un œil. Beaucoup d’autres cas d’agressions illégitimes ont été cachées par la police. L’ensemble de ces manifestations n’a presque rien changé à l’attitude du gouvernement. Celui-ci ne répond pas aux questions posées par les journalistes; et quand il parle à la nation, il le fait à travers un enregistrement retransmis devant les journalistes.

 

Une révolution espagnole ?

 

L’Espagne a vu naître plusieurs mouvements sociaux ces derniers mois ; comme celui du changement, celui des Indignés ou encore celui des affectés par l’hypothèque, face à l’accroissement du nombre de logements saisis par les banques. Celles-ci ont été sauvées au détriment des contribuables. C’est le cas de Bankia, un des plus grands établissements financiers du pays qui fut dirigé par l’ancien Ministre d’Économie du gouvernement du Parti Populaire. Ce dernier est considéré comme l’artisan de la privatisation et de la sortie en bourse de cette banque, parmi d’autres entreprises espagnoles de renommée internationale telles que Telecom ou Iberia.

 

D’autres mouvements comme la Marée Blanche, où les patients des hôpitaux publics de la capitale de l’Espagne unis avec les fonctionnaires hospitaliers, se sont défendus contre la privatisation des centres sanitaires espagnols. Ils sont devenus un exemple de par le monde pour leur gestion et ont refusé les objectifs du gouvernement de les mettre dans les mains de multinationales capitalistes qui chercheront le bénéfice

économique au dépens du bénéfice social.

 

Le mouvement le plus récent est né d’un groupe d’étudiants à León, une ville au nord de l’Espagne. Devant la passivité du gouvernement face aux autres formes de protestations estudiantines, ces étudiants ont décidé massivement de ne pas payer leurs inscriptions à l’université publique. Cette dernière manifestation cherche à révéler le paradoxe social espagnol : le manque d’argent des jeunes étudiants face à la hausse des frais d’inscription.

 

La hausse des prix pour la prochaine rentrée scolaire a déjà été réalisée dans certaines régions. La prise de décisions des mouvements étudiants et sociaux se passent en cette période de vacances. L’Espagne se prépare donc à un septembre agité.

 

Ricardo Bouzas-Mendes

Traduction par Diego Grajales

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.