CV anonyme : une arme négligée ?


Lundi, 30 Décembre, 2013
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Le premier contact avec l’employeur se matérialise par l’envoi d’un curriculum vitae (CV). Dans tous les exemples de discrimination à l’embauche, le CV permet à l’employeur de s’attacher à des informations, notamment l’adresse, le nom, le sexe, qui n’ont pourtant aucun lien avec l’offre d’emploi.

 

Le CV anonyme : qu’est ce que c’est ?

 

Aussi a émergé, depuis plus d’une quinzaine d’années, l’idée d’anonymiser les CV. Cela consiste à effacer les données contenant une indication sur le sexe, l’origine, la nationalité, et l’adresse de tous les candidats, dès la réception des CV. Une fois cette étape effectuée, il faut transmettre les candidatures aux responsables des services concernés par l’offre d’emploi.

 

Cet effacement ne vise pas à nier l’identité des personnes, mais seulement à promouvoir leurs compétences en évitant les préjugés et lieux communs. Ces candidats seront ainsi au moins sélectionnés pour un entretien. Ce dernier est une rencontre, un échange qui peut permettre de faire tomber ces idées reçues. Sans rencontre, sans confrontation, rien ne se meut. Le CV anonyme n’est pas le dispositif miracle qui fera cesser les discriminations, il n’est qu’un instrument parmi un ensemble de mesures, qui mises bout à bout, feront reculer les discriminations.

 

Une mesure votée, mais pas appliquée

 

La loi du 31 mars 2006 avait enfin reconnu l’utilité de cet outil par l’obligation faite aux entreprises de plus de 50 salariés de le mettre en place. Or, sept ans plus tard, le décret d’application n’a pas été pris : légiférer c’est bien, les mettre en application c’est mieux.

 

Fort de ce constat, il est apparu essentiel d’agir afin que les lois déjà votées soient appliquées. Après plusieurs relances des organisations antiracistes quant à l’effectivité d’une telle mesure, en juillet 2013, la Maison des Potes – Maison de l’Egalité avait saisi le Premier Ministre de cette question. A la même époque, Sos Racisme, sous la présidence de Cindy Leoni, avait parallèlement entamé la campagne « CV anonyme : Just sign it » afin de mobiliser l’opinion et les pouvoirs publics. Faute de réponse favorable, en novembre 2013, la Maison des Potes – Maison de l’Egalité a saisi le Conseil d’Etat afin qu’il enjoigne au pouvoir exécutif de remplir ses obligations en matière d’exécution des lois votées par le Parlement.

 

Naïla DBdL

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