Des manques en matière d’éducation à la sexualite


Lundi, 17 Mai, 2010
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Campagnes d’information, interventions en milieu scolaire, rien n’y fait. Le message de l’éducation à la sexualité passe toujours difficilement auprès des jeunes adolescents. Explications.


Obligatoire depuis la loi du 4 juillet 2001, l’éducation à la sexualité à l’école serait encore trop «partiellement et inégalement appliquée» selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), tombé en début d’année, et qui constatait alors que « la diffusion massive de la contraception n’avait pas fait diminuer le nombre d’IVG». Stable depuis plusieurs années, ce taux aurait même augmenté chez les jeunes filles entre 15 et 17 ans. Face à ceux qui y voient un échec de l’information, le médecin Emmanuelle Piet tempère : « le nombre de jeunes femmes qui accouchent avant 18 ans ne cesse de diminuer. Pour moi, cette augmentation des IVG chez les jeunes filles est plutôt un succès ». En revanche, si le médecin assure que «les jeunes sont informés et responsables» elle admet que l’information véhiculée reste « très insuffisante », parce qu’ « on ne leur apprend pas comment se comporter ».

 

Idées fausses

Pire, les jeunes, influencés par le porno de plus en plus facile d’accès et le manque d’espace d’échanges, continuent à baigner dans un amalgame d’idées fausses ou déformées. «Ils croient souvent qu’ils n’ont pas besoin de se protéger lors du premier rapport, par exemple ». D’où l’importance du rôle de l’école, seul espace où les adolescents peuvent poser leurs questions librement. « La sexualité est souvent tabou en famille. Du coup, ils sont très demandeurs dès qu’ils peuvent parler en toute confidentialité», remarque Delphine Bellynck, infirmière scolaire à Roubaix.

 

Passer le bon message

Malheureusement, et contrairement à ce que prévoit la loi (trois séances par an), il n’existe bien souvent qu’une seule et unique séance d’éducation à la sexualité effectuée en 4e ou 3e avec ou sans intervention de personnel formé. « C’est totalement insuffisant », déplore Claire Ricciardi, intervenante du planning familial de Marseille. D’autant que «80% des professeurs évitent certains sujets parce qu’ils sont mal à l’aise face aux élèves, assure une professeur de sciences de la vie. Notre seule obligation est de parler de la reproduction humaine en 4e et de la contraception comme prévention ». Pas assez effectivement pour dépasser les clichés et les interrogations d’une jeunesse qui s’interroge. « Mettre une affiche pour expliquer les choses ne suffit pas ! appuie Claire Ricciardi. Il faut des temps de paroles avec des personnes formées, capables d’entendre ce que disent les jeunes et de leur répondre sans recréer d’autres tabous ou interdits... ». Pour palier ce manque criant, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, annonçait en février dernier « vouloir mettre le paquet dans le milieu scolaire pour que les jeunes filles et jeunes garçons puissent trouver le maximum de conseils ». Reste à trouver la bonne méthode pour que le message passe enfin.

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