« Au secours… la police ! »


Lundi, 6 Janvier, 2014
Logo

Le 6 Novembre 1998, Sidney Manoka Nzeza, un jeune homme Zairois, meurt dans un commissariat de Tourcoing. Ce jeune boxeur de 25 ans marié à une française était le père d’un petit enfant.

 

Le soir en rentrant chez lui en roller il « ose » toucher le rétroviseur d’un ancien policier, le ton monte entre les deux hommes. Pour prévenir la rixe, des riverains font appel à la police. Des policiers arrivent sur place et interpelle le jeune Sidney, prenant d’emblé parti pour leur ancien collègue. Le jeune est frappé par les représentants de l’ordre. Son corps inerte est mis dans le camion et on le ramène au commissariat. Ce n’est que là qu’on se rend compte que le jeune homme est décédé. Selon les policiers l’interpellation s’est bien déroulée : « comme d’habitude » disent-ils.

 

Les policiers seront mis en examen pour homicide involontaire et non assistance à personne en danger. Ils plaident non coupable. « Comme d’habitude ». La famille de Sidney va approcher l’association SOS Racisme estimant que l’origine africaine du jeune homme a été l’une des causes de sa mort. L’association confia à son avocat, Me Francis Terquem, le soin de venir en aide à la famille du boxeur.

 

Au final, les policiers de Tourcoing seront condamnés à 7 mois de prison par la Cour d’appel de Douai le 30 octobre 2001. Quand des homicides sont qualifiés pudiquement de « bavures », cela montre combien la vie d’un jeune homme ne vaut rien face au corporatisme d’un corps dédié par nature à la protection de la population. Les sanctions pénales sont si rares et si dérisoires qu’elles sont loin de remplir leur rôle dissuasif pour ne pas dire qu’elles sont des permis implicites de tuer.

 

La quasi-impunité nourrit à son tour le sentiment de méfiance, de rejet, voire de haine envers les policiers. Les cas de violences policières loin de diminuer, touchent de plus en plus de personnes. Un simple contrôle d’identité risque de déborder, un contrôle  routier de même. La population des quartiers sensibles se méfie de plus en plus des policiers. Dans les cités populaires, un habitant qui irait se plaindre au commissariat serait la risée de tous car c’est le dernier endroit où il faudrait aller demander protection !

 

Mais alors, en cas d’agression, qui faut-il appeler « Au secours ! » ?

 

Gergana Dragan

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.