Les mêmes droits pour tous !


Lundi, 25 Mai, 2009
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Certains appellent ça une « discrimination d’Etat »… d’autres préfèrent parler pudiquement « d’emplois réservés ». En France, plus de 6 millions de postes de travail sont  accessibles uniquement aux citoyens français et, dans la majorité des cas, aux ressortissants de l’Union Européenne ! Au total, c’est donc près de 30% des jobs du pays qui restent fermés aux étrangers « non communautaires », qu’ils soient Africains, Asiatiques, Américains, Arabes…ou Suisses.


Dans le secteur privé, la liste des métiers fermés est impressionnante : médecins, débitants de boissons et de tabac, architectes, pharmaciens, experts-comptables, huissiers, personnels navigants et commandants de bord dans l’aviation, vétérinaires… autant de professions qui représentent la bagatelle de 1, 2 million d’emplois. Des emplois qui sont réservés, soit aux seuls Français, soit aux titulaires d’un diplôme hexagonal, parfois les deux.

Quant au secteur public, c’est carrément la quasi-totalité des métiers qui sont fermés totalement ou partiellement aux étrangers ! En tout, 5,2 millions de postes de travail ! D’abord dans les administrations « régaliennes » : pour être policier, magistrat ou militaire, il faut être Français, ce qui est compréhensible. En revanche, ce qui l’est moins, c’est la situation qui prévaut dans les autres services de l’Etat : à l’hôpital, dans les mairies, les administrations, l’enseignement primaire et secondaire, les emplois titulaires ne peuvent être occupés par des étrangers « non communautaires ». Par exemple, des algériens ou des sénégalais.

Serait-ce qu’à diplôme égal, l’Etat accorderait sa confiance à une infirmière belge et pas à une ivoirienne, ou à un prof de math allemand et pas à un marocain ? Impossible dans la patrie des droits de l’homme ? C’est pourtant  ce que renvoie à la figure des étrangers extracommunautaires cette réglementation archaïque (1)… en tout cas pour les postes de titulaires. Car pour les autres, les sous-contrats de la fonction publique, comme les « maîtres auxiliaires » de l’Education nationale ou les médecins « contractuels » à l’hôpital, là pas de problèmes : les étrangers non ressortissants de l’UE sont opérationnels par dizaines de milliers chaque année ! Sans la garantie de l’emploi, bien sûr, souvent en CDD et sans les primes, sans les congés, et avec des salaires bien inférieurs aux titulaires…

Alors, situation ubuesque ou cynique ? Probablement un peu des deux. Mais, après les brèches ouvertes par l’Union européenne, les dénonciations des associations de travailleurs immigrés, des confédérations syndicales et des associations, l’idée de supprimer ces restrictions fait son chemin. Ainsi, le 11 février 2009, le Sénat a adopté une proposition de loi qui supprime la condition de nationalité de huit professions libérales, dont les médecins et les sages-femmes (2). Pour la sénatrice qui a proposé la loi, Barisa Khiari,  c’est déjà « une belle preuve d’ouverture ». Si la loi est adoptée par l’Assemblée, elle serait étendue à 50 autres professions du secteur privé. Quant aux emplois fermés dans le secteur public, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) vient d’adopter une délibération engageant les pouvoirs publics à y mettre un terme… Allez, encore un effort, et bientôt la  République n’aura plus à rougir de sa devise, car la Liberté et l’Egalité c’est aussi valable pour accéder à l’emploi !

Ayant été sauvé par un médecin d'origine libanaise, et ayant eu un infirmier noir extrêmement sympa et compétent je ne vois pas la pertinence de garder l'accès des postes à des français, surtout s'ils sont moins compétents. Mais il faut aussi que cessent les inégalités de salaire, sinon l'emploi est dévalorisé et la concurrence déloyale. 

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