Intreview croisée « Testing Hervé Bedou, Abdoulaye Marega, Monsieur Cissé »


Lundi, 17 Août, 2009
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Discriminés, révoltés mais engagés, voici les témoignages de quelques Testeurs de République.

 

Médina Koné : Comment avez-vous subi la discrimination ?

 

Hervé Bedou : J’ai répondu par téléphone à une annonce parue dans le Parisien. La société Arès cherchait des agents de sécurité pour l’aéroport de Roissy Charles de Gaulles. L’entretien téléphonique a tourné au vinaigre lorsque la recruteuse m’a dit qu’une carte d’électeur (induisant la nationalité française ndlr)  était obligatoire pour avoir le poste. »

Abdoulaye Maréga : La mission locale, de mon quartier, m’a présenté l’annonce du Moulin Rouge qui recherchait des commis de salle. Quand je les ai appelé pour postuler, ils m’ont répondu qu’il n’y a pas de gens de couleur en salle. Seulement en cuisine ! 

Cissé : Je voulais être mécanicien pour un garage mais ils m’ont dit que j’avais le même nom de famille que quelqu'un qui leur avait fait du tort. Conclusion, ils ne voulaient pas de moi.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à vous défendre ?

 

Hervé Bedou : La révolte ! J’ai travaillé sans encombre, dans le secteur, et c’était trop facile de les laisser faire… »

Abdoulaye Marega : J’étais indigné et je suis allé jusqu’à leur bureau pour qu’ils m’affrontent face à face. Je trouve que ce comportement minoritaire doit être sanctionné. Si ça continue, ça peut contaminer la société. 

Cissé : Mon nom de famille est mon identité, je ne peux pas le renier ou accepter que l’on me rejette sur ce critère. 

 

Comment s’est passé le testing ?

 

Hervé Bedou : J’ai immédiatement rencontré l’équipe de SOS Racisme. Après qu’ils aient vérifié mes dires, en effectuant un testing par téléphone, je suis allé au siège de la société Arès, muni d’une caméra cachée, et accompagné par les équipes de TF1. La dame de l’accueil m’a sorti le même argumentaire de visu, comme si c’était normal. 

Abdoulaye Marega : Nous avons fait une caméra cachée, il y avait des médias et j’étais furieux de voir qu’ils étaient catégoriques même en face à face. 

Cissé : On a à nouveau fait appel à SOS Racisme et la réponse était la même. C’est incroyable d’entendre que c’est un phénomène banalisé. 

 

Quelles conclusions tirez-vous de votre procès ?

 

Hervé Bedou : Cela a mis du temps mais j’ai gagné mon procès. Je n’ai eu aucune représailles professionnelles alors que c’est un petit milieu où tout se sait. Je pense qu’il est important que la société française ouvre les yeux. Si ça ne m’était pas arrivé, j’aurais cru à une légende. 

Abdoulaye Marega : J’ai gagné et ce type de lutte me plait. C’est dur mais il n’y a que la solidarité qui peut faire avancer la société. 

Cissé : L’affaire est encore en cours. Tout citoyen devrait s’impliquer. Il faut des procès pour que ça n’arrive plus. 

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