Eduquer pour combattre les violences


Jeudi, 21 Mars, 2013
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Carine Favier, présidente du Planning familiale, rappelle les enjeux de la lutte contre les violences conjugales.

 

 

Le Planning familial s’est fixé des objectifs sur la question des violences. Le premier c’est que ce soit un combat politique. C’est un problème de la façon dont on conçoit l’autre, de la relation avec l’autre. C’est la même chose que l’homophobie, c’est la même chose que le racisme. Si on considère que l’autre est inférieur, on peut s’approprier sa tête, son corps et puis le taper quand il ne répond pas exactement à ce qu’on veut. Ce n’est l’affaire ni des femmes ni des femmes victimes de violence, c’est l’affaire de tout le monde. Une société ne peut pas fonctionner avec la conception qu’il y a des gens plus égaux que d’autres.

 

Cela va déterminer la construction des garçons et des filles, dès l’école, dès la crèche. C’est là se joue ce que va devenir la société de demain, là que se jouent les rapports entre les garçons et les filles. Et il ne faut rien laisser passer. Il faut être vigilant. Ça veut dire que l’Etat a, dans la loi, la responsabilité de l’information et de l’accompagnement des enfants pour devenir des citoyens et pour veiller à l’égalité entre les garçons et les filles. Une loi de oblige l’éducation nationale à mettre en œuvre, trois fois par an, depuis la dernière section de maternelle jusqu’à la fin du lycée, des séances autour de l’éducation à la sexualité et de l’éducation sur l’égalité garçon/fille. Quand on fait le bilan, on se rend compte qu’on est à peu près à une séance dans la vie scolaire. Donc on n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. Et tant qu’on ne voudra pas avoir le courage politique et l’investissement nécessaire sur ces questions, on n’arrivera pas à changer les rapports dans la société et on continuera à courir après des hébergements d’urgence parce que les femmes continueront à être victimes de violences.

 

Carine Favier

 

 

Carine Favier

Présidente Nationale du Planning Familial depuis Septembre 2009, Carine Favier est mobilisée depuis ses années de militance au MLAC sur le Droit de choisir considérant que l'autonomie des femmes ne pouvait exister sans ce droit tout en considérant que la domination du masculin sur le féminin était indissociable des inégalités sociales. Sa participation aux luttes lui a permis de comprendre que chaque personne à des compétences et des capacités pour peu que l'on lui donne la possibilité de s'exprimer et d'agir. C'est ce qui a forgé son attachement à l'éducation populaire et à l'importance de prendre en compte le savoir issu de l'expérience. Pendant 15 ans, elle a assuré des consultation gynécologique au Planning Familial de Montpellier, des animations en milieu scolaire et des formation de personnes relais autour de la prévention des risques sexuels (grossesses non désirées, prévention des MST / SIDA, prévention des violences) tout en menant de front son activité de médecin. Elle est depuis 1992, médecin attachée au CHU de Montpellier, service des Maladies infectieuses (traitement des personnes infectées par le VIH) et depuis 1995, animatrice du réseau ville hôpital VIH.

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