Cimetière de Herrlisheim : Un militant FN profane des tombes


Lundi, 23 Décembre, 2013
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Au mois d’Avril, la plupart des Français vont chercher des chocolats. Les néo-nazis, eux, célèbrent, à leur singulière manière, la naissance et le décès d’Adolf Hitler. Une vénération morbide qui se traduit notamment par des profanations de cimetières.

 Le 30 avril 2004, l’indignation est à son comble et pour cause, ce sont cent vingt sept tombes profanées qui sont découvertes au cimetière juif de Herrlisheim avec croix gammées et inscriptions antisémites. L’indignation est générale, la colère aussi. La classe politique condamne unanimement ces actes. Sept mois d’enquête ont été nécessaires pour identifier les coupables : Emmanuel Rist, 37 ans, considéré comme la «tête pensante» du groupe néonazi, Laurent Boulanger, 27 ans, Laurent Peterschmitt, 28 ans.

 

Ils sont tous trois poursuivis pour «profanation de stèles funéraires, provocation à la haine raciale et dégradation de biens d’utilité publique». C’est pourtant durant une enquête sur l’assassinat d’un ouvrier marocain que fut interpellé le leader, un militant du FN, qui avoue être l’instigateur de la profanation et qui dénonce ses complices. Ils sont alors convoqués le 10 septembre 2007 au tribunal correctionnel de Colmar où ils comparaissent également pour avoir hissé un drapeau nazi sur une nécropole militaire et pour y avoir saccagé l’unique tombe musulmane.

 

Dans la nécessité de rassurer les communautés juive et musulmane, le procureur réclame « des peines proportionnées à la gravité de l’implication pénale, à la gravité des faits et à la personnalité des prévenus». Le « chef nazillon » essayera d’alléger la sienne en exprimant sa honte. Mais cela sera insuffisant. Il écopera de deux ans et demi de prison ferme. Les peines de ses deux co-prévenus sont moins lourdes : dix huit mois de prison ferme pour Boulanger, et un an de prison, dont six mois avec sursis, pour Peterschmitt. Le juge estima dans cette affaire que les coupables n’offraient aucune garantie de non réitération de leurs actes. Une crainte bien justifiée, par leur impassible expression au prononcé du jugement.

 

« Restaurer les valeurs fondamentales de la République » telle était la seconde nécessité du jugement. Il est bien regrettable que dans cette histoire, aucune instruction n’ait été menée pour mesurer l’étendue du lien entre le coupable principal et le FN, ce parti politique qui prétend proclamer les valeurs de la République quand il attise et entretient la haine de ces profanateurs.

 

Amal Azem

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