Ouagadougou, symbole du chaos universitaire ouest africain


Lundi, 16 Novembre, 2009
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Chaque jour qui passe voit l’université de Ouagadougou sombrer un peu plus dans la léthargie. Depuis des années déjà. On est bien loin de l’espoir d’en sortir. Succession d’incompétences, de manque de sagesse ou de mauvaise volonté, notre institution universitaire est désormais sur ses fesses…dans la boue.

L’état de santé de l’université de Ouagadougou s’est considérablement dégradé un certain 17 juin 2008 au matin. Ce jour là, face à une marche d’étudiants des UFR SEA (Sciences Exactes Appliquées) et SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), il leur fut opposé un dialogue atypique : gaz lacrymogènes, balles blanches et réelles, courses poursuites et débandade totale dans tout le campus. La conséquence de ce choix du raccourci de la violence fut la fermeture de l’université, le déguerpissement des locataires de cités U et la fermeture de tous les restaurants universitaires. Les étudiants réclament entre autres, plus de laboratoires et d’amphithéâtres car certains d’entre eux s’asseyent à même le sol pour prendre en note le cours, ou sont obligés d’amener de chez eux des chaises. Au paroxysme de la crise de nos autorités, on entendait des propos du genre " les étudiants doivent comprendre que le Burkina Faso est un pays pauvre. Par conséquent ils doivent arrêter de demander l’impossible à l’Etat". Mais après « deux mois de réflexion », l’ingénieuse solution trouvée face au manque d’amphi et de labo fut d’ériger tout autour de l’université, un mur en béton armé de plus d’un demi milliard de nos francs CFA.

Alors, n’est-ce pas nos autorités qui doivent comprendre qu’elles insultent l’intelligence et la conscience du peuple burkinabè ? En plus du mur, l’université fut dotée de policiers pour assurer la sécurité. De qui ? De quoi ? Puisque les vols de deux roues continuent de plus belle sous la barbe et le nez de nos braves policiers. L’un des consensus qui avaient permis la reprise des cours, en septembre, était la promesse faite aux enseignants de liquider leurs dettes sociales qui traînent depuis 2005. Lassés d’attendre une promesse qui ne s’accomplit pas, les enseignants ont mis leur menace en exécution. Ils suspendent la correction des copies de la deuxième session des examens de 2007-2008, et  refusent de délibérer tant que la dette sociale n’est pas entièrement payée. En outre les enseignants exigent la revalorisation des salaires, dans les meilleurs délais, pour apaiser les esprits et permettre la reprise des activités académiques. Selon eux, la rentrée universitaire 2008-2009 dépend de la revalorisation de leur statut et de l’augmentation de leurs salaires.

La rentrée académique 2008 – 2009 qui était prévue pour le 1er décembre a été  remise aux calendes grecques. Et une fois de plus, le temple du savoir replongeait dans sa léthargie. Au regard de cette dernière année chaotique la jeunesse estudiantine s’attend à continuer à voguer à vue pour la rentrée 2009-2010 mais pour encore combien de temps ? Le retard qu’accuse l’université de Ouagadougou est considérable. De l’avis du syndicat national autonome des enseignants chercheurs, il faudra des décennies pour rattraper ce retard. Des décennies. Mais personne ne semble s’en inquiéter. Même pas le peuple, occupé à gérer son quotidien de vie chère. La jeunesse est le fer de lance de toute société. Aucun développement durable n’est envisageable sans les études supérieures, la recherche. L’université de Ouagadougou abrite plus de cinquante mille (50 000) jeunes. Alors nous sommes sur la bonne voie…du "regret" continu.

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