Jean-Baptiste Prévost, « être autonome est un luxe que tous les jeunes ne peuvent pas se permettre ! »


Lundi, 17 Août, 2009
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Etudiant en histoire à l’université Paris I et à Sciences Po Paris, Jean-Baptiste Prévost est, depuis décembre 2007, Président de l’UNEF (syndicat étudiant). Il revient longuement sur leur principale revendication : L’allocation d’autonomie pour les jeunes, portée dans le cadre de la Commission lancée par Nicolas Sarkozy au mois de janvier dernier, et confiée à Martin Hirsch, Haut Commissaire à la Jeunesse.  Explications…..

Pouvez-vous nous éclairer sur l’allocation d’autonomie des jeunes, qui reste à ce jour la principale revendication de votre syndicat  ?

En fait, nous partons du constat qu’un étudiant, pour se former aujourd’hui, a le choix entre deux modes de financement : les mieux lotis dépendent de leurs parents, les autres, issus des classes moyennes et populaires, sont contraints à la précarité des jobs étudiants. Et il faut savoir que le salariat étudiant, comme on l’appelle, s’est généralisé puisqu’il concerne près d’un étudiant sur deux ! Par ailleurs, le besoin en formation est beaucoup plus important aujourd’hui or, toute une génération n’a pas pu accéder à une formation qualifiante, en raison du manque de moyens financier. Cette génération rencontre donc de grandes difficultés lorsqu’elle se retrouve sur le marché du travail d’autant plus, qu’aucun mécanisme de protection sociale n’a été mis en place, par la société, pour leur donner les moyens d’y accéder sans avoir recours à cette double dépendance.

Notre projet d’allocation d’autonomie est donc de mettre en place un statut pour les jeunes. Le volet financier serait une aide donnée, à tous les jeunes, pour la réalisation de leur projet de formation et d’insertion professionnelle durant la totalité de leur parcours. Véritable droit universel, nous proposons que non seulement le montant de cette aide soit d’environ 900 €/mois, chiffre avancé par l’Observatoire de la Vie Etudiante, mais aussi actualisé en fonction de la situation et des besoins de chaque jeune et non plus ceux des parents. 

 

En somme, vous souhaitez que la jeunesse soit reconnue par la société ?

En effet. La durée des études s’étant considérablement allongée, l’âge d’entrée dans le premier emploi stable est en moyenne à 27 ans. Une politique publique des jeunes, qui suive l’évolution de la société, est plus que nécessaire. Sous l’effet notamment de la massification scolaire et universitaire, toute une génération se retrouve, aujourd’hui, dans un trou noir des politiques publiques. La jeunesse est une période de la vie qui n’est pas reconnue socialement, pas protégée et dans laquelle le fait d’être autonome est un luxe que tous les jeunes ne peuvent pas se permettre !

 

Quelles sont vos propositions en termes de financement pour cette mesure ?

Nous proposons d’une part une refonte totale du système d’aide en direction des jeunes c’est-à-dire que toutes les aides allouées aux parents, au titre de leur enfant étudiant, soient attribuées aux jeunes, ce qui permettrait de couvrir environ la moitié du besoin financier de cette mesure. D’autre part, un investissement budgétaire de l’Etat, doublé d’une cotisation des entreprises, pour atteindre les 15 milliards d’Euros qui seraient nécessaires à la mise en place de ce statut social protecteur pour les jeunes en formation/insertion. Notre logique étant d’avoir la même réflexion que celle menée, après la seconde guerre mondiale, pour les retraités et qui a abouti à un système de retraite solidaire.

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