« Orientation : ségrégation et inégalité ? »


Lundi, 16 Novembre, 2009
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Awa est une personne fictive qui nous permettra, au travers de son histoire personnelle, de percevoir les problèmes de ségrégation, d’inégalités dans les processus d’orientation des jeunes.

(source image: homotron.net)

 Moi, Awa, 21 ans, et quelques années de galère…

En 2002, j’étais collégienne en classe de 3ème au collège Evariste Gallois à Epinay. J’étais déléguée de classe et j’assistais tous les trimestres aux conseils de classe. Chaque fois, ces temps me rappelaient que nous n’étions pas tous les mêmes face à l’orientation… C’était impressionnant pour moi de voir que des potes, issus de milieux défavorisés, étaient plus facilement dirigés vers des filières pro ou techno…  Souvent, l’orientation en 3ème est synonyme de forte discrimination… En effet, on propose plus facilement le redoublement pour aller en filière générale à certaines personnes quand d’autres vont être victimes d’une orientation à double vitesse !

La troisième, première rupture.

En 2003… Enfin au lycée ! Mais toujours la même rengaine…  Je n’aime pas les maths ni la physique, mais, dès le premier jour, on m’a expliqué que je ferais mieux d’aller en S si je voulais réussir mes études, ma vie, et mon insertion professionnelle ! Pendant ce temps, où je galérais sur mes exercices de chimie, d’autres amis, à qui on avait dit qu’ils ne réussiraient jamais, se préparaient à se réorienter en pro ou aller en STG…

La seconde, deuxième rupture !

2005, année de Terminale… Après m’être réorientée en ES, entre la première et la terminale, je tente de me trouver une place dans l’enseignement supérieur… C’est dingue ! Pas une personne n’est capable de me dire la même chose, pas une structure ne peut me dire comment organiser mon parcours étudiant…  L’enfer des CIO, qui ne sont que des dépôts de paperasses où des conseillers galèrent tout autant que nous à comprendre les secrets d’une bonne orientation… 3700 conseillers pour les millions de lycéens et collégiens ! Inutile de vous dire que là aussi, tout n’est pas réuni pour réussir quand on n’a pas le réseau et l’origine qu’il faut !

La Terminale, troisième rupture !

Après avoir tenté l’université Paris Dauphine, je me retrouve à Saint Denis. Bloquée dans le même quartier, à croire qu’il nous colle à la peau !

Ce n’est plus possible qu’au 21ème siècle, dans l’école de la république, pays des droits de l’homme,  des vies soient gâchées, des ambitions frustrées, cassées, par un système d’orientation ségrégationniste et inégalitaire ! Il est urgent que les politiques en place se saisissent de cette question ! Qu’ils ne passent pas une minute à en évoquer le sujet, après avoir parlé une demie- heure de ciné-clubs dans les lycées…(ndrl : allocution présidentielle du 13 octobre 2009). Il faut mettre en place un réel service public d’orientation égalitaire, qui, du collège à la vie active, respecte les rêves, les passions et ambitions de chacun. En Troisième, travaillons sur les préjugés, donnons l’écoute qu’il faut aux collégiens. Il n’est plus possible que leur origine sociale détermine leur orientation, et donc leur vie future. En seconde, désacralisons la filière S, faite avant tout pour former des scientifiques et non une pseudo élite. Les filières se valent toutes, pro, techno, et générales ! Le bac doit être le diplôme national identique pour tous, seule porte d’entrée à l’université, sans autre forme de sélection ! Que nous soyons de Saint Denis ou de Neuilly, nous devons avoir accès à la même éducation !


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