« Il y aurait moins d’écart entre les établissements si les élèves étaient plus mélangés »


Mercredi, 8 Septembre, 2010
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Marie Duru-Bellat est une sociologue, professeur de sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne . Son principal ouvrage est « Sociologie de l’école » co-écrit avec Agnès Van Zanten et publié en 1999. Elle répond à nos questions sur les ZEP et les possibilités d’évolution de ces zones d’éducation pas si prioritaires que ça…

Médina Koné : Que pensez- vous de l’idée de démanteler les Z.E.P ?

 

Marie Duru-Bellat : Pourquoi pas, mais il ne suffira pas de casser le thermomètre ! Les ZEP se sont en général montrées peu efficaces, incapables de remettre à flot les élèves. Mais les supprimer, si on ne prévoit rien d’autre, n’aura évidemment aucun effet bénéfique et sans doute des effets négatifs.

 

Que doit-on améliorer dans les ZEP ?

 

En fait, il faudrait, avec les moyens (non négligeables) mis dans les ZEP, monter des dispositifs de soutien individualisé très précoce qui seraient mobilisés, dès les petites classes, quand les enfants rencontrent leurs premières difficultés. Plus on intervient tard, moins c’est efficace et plus c’est coûteux.

 

Les ZEP coûtent 30% moins cher que les établissements situés en centre ville car elles ont moins de professeurs expérimentés. Faut-il ajouter plus de professeurs expérimentés ou augmenter leur budget ?  

 

Jouer la carte des professeurs les plus expérimentés est sans aucun doute la voie la plus efficace mais il faut trouver les moyens de les convaincre de venir dans les établissements perçus comme les plus difficiles. On sait aussi que multiplier les adultes présents dans les établissements est très important.

 

 

Comment réduire les disparités entre les écoles situées en centre ville et les ZEP ?

 

C’est difficile tant que l’habitat est lui-même ségrégé… Il y aurait moins d’écart (de climat dans les classes de progression…) entre les établissements si les publics d’élèves étaient plus mélangés, comme c’est encore le cas dans certaines zones loin de Paris… Pour encourager les parents, les mieux informés à laisser leur enfant dans des établissements au public populaire, il faut garantir à ces parents que l’enseignement qui y est donné est d’égale qualité à ce qui est fait dans les établissements plus chics. Cela passe sans doute par des évaluations précises et régulières de ce qu’apprennent les élèves et une « discrimination positive », c'est-à-dire plus de moyens dans les établissements les plus dégradés.

 

Médina Koné

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