Tous les chemins mènent-ils à la Toleranz* ? ("tolérance" en allemand)


Lundi, 15 Novembre, 2010
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Le gouvernement allemand veut reconnaître les diplômes hors-UE. Les crises conjoncturelles du pays poussent à l'ouverture extracommunautaire. Est-ce réellement un pas de plus vers l'hospitalité ?

 

"Toute personne ayant étudié à l'étranger va pouvoir demander une équivalence pour ses diplômes en Allemagne" a annoncé la ministre allemande de l'Education Annette Schavan, lundi 18 octobre. "Nous devons avoir une culture de bienvenue" a souligné le ministre allemand de l'Economie Rainer Bruederle. Mais, sur fond de crises économique et démographique, est-ce une bonne nouvelle pour la tolérance et l'universalisme?

"Oui". Pour Daniel Goldberg : "quand il y a des ouvertures qui vont dans le bon sens : faut prendre". Ce député P.S. de Seine-Saint-Denis, à l'origine d'une proposition de loi visant à supprimer la condition de nationalité pour accéder à un emploi de la fonction publique en général, déplore une "France, encore une fois, pas très avancée sur ces sujets-là". Pourtant, du point de vue du portefeuille, ce type d'ouverture en vaut la chandelle. C'est ce qu'a compris le ministre allemand de l'Economie, pour qui il devient nécessaire d'exploiter l'immigration de main-d'œuvre qualifiée. "Nécessaire"?

L'an dernier, le manque de main-d’œuvre qualifiée a coûté 15 milliards d'euros à l'économie allemande. Il faut ajouter à cette pénurie: le vieillissement de la population, résultant de la combinaison d'un accroissement de l'espérance de vie (77 ans pour eux et 82 ans pour elles) et d'un faible taux de naissance (1,3 par femme). La situation est grave, mais pas désespérée: on a des immigrés! Grâce à cette mesure hospitalière de reconnaissance des diplômes étrangers, l'économie allemande "pourra se réjouir de 300 000 travailleurs supplémentaires" a expliqué Annette Schavan.

D'après Daniel Goldberg, "ça ne répond pas au problème". En France, même si l'individu extracommunautaire a passé le même diplôme, "à valeur égale, il ne peut pas exercer certaines responsabilités, dans le cas de la fonction publique, il a un sous-statut... c'est la condition de nationalité qui bloque". Avec tout ça, le débat reste figé sur le terrain de l'utilité économique de l'étranger : sa valeur marchande pour l'Etat qui l'accueille. En Allemagne comme ailleurs, c'est parce qu'il y a un manque à gagner (économique) que l'on juge nécessaire d'avoir une politique "de culture de bienvenue". Mais, à priori, c'est déjà ça...



dolpi



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