Twitter tisse sa toile sur l’incitation à la haine raciale


Mercredi, 25 Décembre, 2013
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Florilège parmi plusieurs centaines de tweets, voici les illustrations de l’incitation à la haine raciale, à l’appel au crime dont a été victime une jeune militante antiraciste les 14, 15 et 16 septembre 2013.

« Elle mérite une belle tournante sans GHB »; « Dis @XX, tu pèses combien ? C’est pour avoir la dose approximative de GHB à prévoir. » ; « @XX Toi, la suceuse de bougnoules, tu feras partie du voyage, on y veillera » ; « C’est où qu’on s’inscrit pour le viol collectif de @XX ? » ; « salopes, allez hop, direction chez les #Femen puis terminus #Auschwizt » « Encore une male baisée, frustrée, arrogante et méprisante Demandons à Taubira l’islamophile le droit à la lapidation ! » « Encore une beurette au service du sionisme, quand on vous trouve pas dans les caves des cités » ; « Pour une vraie Laïcité il faut détruire le Judaïsme qui est un poison à notre République, brûlons les synagogues !! »

 

Cette jeune militante fut victime de ces invectives après avoir appelé sur Twitter à se joindre à la manifestation organisée à Marseille contre l’université du Front national, par des militants d’extrême droite.

 

La qualification juridique des faits ne semble poser aucune difficulté. Les délits de provocation non suivie d’effet à commettre un crime à savoir le viol, de provocation à la haine et à la violence envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une ethnie ou à une religion déterminée semble convenir. Ces délits sont tous deux prévus et réprimés par la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.

 

Si la qualification ne pose pas de problème, il en est tout autre de l’application de la loi : lorsque la militante victime des menaces de viol souhaita déposé plainte, les services de police tentèrent de l’en dissuader au motif que ces menaces n’étaient qu’une conséquence de ses opinions politiques. Le 18 septembre 2013, face à ce dénigrement déplorable, la Maison des Potes – Maison de l’Egalité déposa plainte afin de faire cesser ce sentiment d’impunité chez les tweetos. D’autres actions sont également envisagées dont leurs mises en œuvre pourraient mettre fin à ces agissements.

 

Parallèlement, outre-manche, il n’aura fallu que six mois aux policiers et aux juges britanniques afin de faire condamner Twitter pour des faits similaires. Yes they can!

 

Naïla Dzanouni-Brousse de Laborde

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