Jeunes et engagement : idées reçues


Lundi, 15 Août, 2011
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Dans l'imaginaire populaire, le "jeune" est dépolitisé, désengagé, désintéressé et individualiste, c'est mal connaître les forces vives de notre pays en partant de ce constat fataliste.


Un certain nombre d’’initiatives sont mises en place par des responsables politiques ou associatifs. Voici deux actions menées dernièrement, l’’une impulsée par le sénateur-maire de Neuilly-Plaisance qui a organisé le 29 juin 2011 à l’’Institut du Monde Arabe un grand rassemblement : la Journée des Engagés.

Et l’’autre action, cette fois-ci a été organisée le 3 juillet 2011 dans la ville d’’Aubervilliers par 2 associations : Jeunesse en Mouvement (Epinay sur Seine) et l’’Office Municipale de la Jeunesse d’’Aubervilliers.

Ces 2 journées ont eu pour but de valoriser l’’action des jeunes et les différentes structures associatives dont ils sont volontaires ou bénévoles qui s’’investissent tous les jours dans les zones Urbaines Sensibles.

Dans ces associations, des jeunes issues des quartiers prioritaires s’’engagent soit en tant que bénévole ou en tant que volon- taire en service civique. Il est rare que des journées de ce type soient organisées pour valoriser ces jeunes qui s’’investissent dans le tissu associative de notre pays et leur donner la parole, écouter leurs propositions, leurs espoirs et attentes, et leurs revendications. L’’engagement des jeunes en général demeure modeste et peut se vérifier avec le nombre d’’engagés en service civique.

Qu’’est ce que le service civique ?

Le service civique a été instauré par la loi du 10 mars 2010, le volontaire a entre 16 et 25 ans pour une durée de 6 à 12 mois. Ces jeunes effectuent une mission « d’’inté- rêt général » reconnue « prioritaire pour la Nation » représentant au moins 24 heures hebdomadaires.

Pour en revenir à la mesure de l’’engagement des jeunes dans le monde associatif, le service civique est un bon indicateur.

Effectivement, l’’agence du service civique a pour ambition de compter 10 000 volontaires en France en 2010 et 75 000 à l’’horizon 2013.

Le premier bilan au bout d’’un an d’’expérience est de 5195 volontaires (selon le Ministère de la Jeunesse et de la Vie Associative), nous sommes assez loin des objectifs fixés par les pouvoirs publics. Ces chiffres démontrent la difficulté pour les jeunes à s’’engager pour la Société malgré l’’incitation financière.

De plus, les trois quart d’’entre eux ont eu le bac et 40% étaient « en recherche d’’emploi avant de signer leur contrat » (chiffre de l’’agence du service civique). Et si l’’on étudie les chiffres en Ile de France nous avons une grande disparité entre départements. Pour l’’Ile de France, 55% sont issus des quartiers en Zone Urbaine Sensible(ZUS), lorsqu’’on compare 2 départements la Seine Saint Denis est à 62% et pour les Yvelines 17 % (chiffre du préfet de la région Ile de France).

Pour conclure, l’’engagement des jeunes notamment ceux issus des quartiers prioritaires est problématique. Ces jeunes s’’engagent autrement car les associations traditionnelles ont des « pratiques obsolètes » et sont « vieillissantes ».

Selon le sociologue Jacques Ion : « dans un contexte de brouillage des grands marqueurs idéologiques, de disparition de réserves de sens collectif dans lesquels s’’inscrivait le processus de socialisation, le principe d’’expérimentation domine en quelque sorte par défaut ». Alors comme le souligne Fancine Labadie (chef de projet Obervatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse à l’’Injep), accompagner les jeunes dans leurs expérimentations devient un enjeu « décisif » inséparable du travail de reconnaissance des nouvelles formes d’’engagement des jeunes. C’’est dans ces conditions que les jeunes des quartiers populaires, des zones urbaines, des zones rurales pourront se sentir concernés et impliqués par la vie associative et par extension à régénérer le tissu social de notre pays.

 

 

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