Lutte contre les violences faites aux femmes


Lundi, 17 Mai, 2010
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Pourquoi en faire une Grande Cause Nationale 2010 ?

Tous les deux jours et demi, en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Cette seule indication témoigne de l’urgence de la situation, de la nécessité d’un combat féministe orienté principalement vers la lutte contre ces violences. Cette catastrophe est au cœur du combat de Ni Putes Ni Soumises parce que, trop souvent, les jeunes filles et les femmes de nos quartiers populaires ne trouvent pas la force de dire non. La peur au ventre, et cette honte, ancrée dans les mentalités, les empêchent de s’extraire du cycle de la violence.

Cycle de culpabilisation

L’une des principales monstruosité de la violence, ce sont ses effets sur le plan psychologique, le cycle de culpabilisation dans lequel elle plonge ses victimes. Ces femmes démunies, battues, subissent de la part des bourreaux les pires chantages. Cela touche aussi bien une victime de viol collectif (nous avons marché aux Ulis récemment pour briser la loi du silence qui concernait une famille entière, menacée de mort après avoir porté plainte), qu’une victime de violences morales. Dans tous les cas, elles sont enfermées dans la peur, le pire des effets pervers. Alors imaginez les femmes sans-papiers, les femmes qui ne parlent pas français, les femmes dont l’exclusion est absolument totale. L’absence de communication condamne ces femmes, referme le cercueil de leur mort sociale progressive. Et les femmes dont on plie l’échine sous le joug des traditions les plus barbares, émanant d’intégristes, dont les principes sont diamétralement antinomiques aux valeurs républicaines. Ainsi se légitiment l’excision, la burqa ou les mariages forcés. Il faut faire preuve de courage politique et dénoncer fermement toutes ces formes de barbarie !

La prévention comme arme

L’objectif est de donner à ces femmes la possibilité de se sortir du marasme. Et là, seul le pragmatisme vaut. Les suivis psychologiques, sociaux et juridiques sont élémentaires, et doivent se conjuguer les uns aux autres. C’est le début du coaching qui doit se poursuivre jusqu’à ce que l’émancipation de la victime soit totale. C’est la raison pour laquelle le mouvement Ni Putes Ni Soumises a créé un partenariat avec le MEDEF, reliant des chefs d’entreprises à des femmes des quartiers en recherche d’emploi.

Coordonner les instances, à tous les niveaux du suivi, constitue la clef de la reconstruction des victimes. Les services municipaux, les centres d’hébergement d’urgence, les services sociaux doivent apporter leurs pièces au puzzle. Mais la prévention de la violence reste son meilleur ennemi. L’éducation au respect, promulguée notamment par les interventions scolaires, que le mouvement Ni Putes Ni Soumises met en place depuis des années, incite les jeunes à parler de la sexualité, du respect fille/garçon, de la violence à l’école. La mise en œuvre de projets collectifs, à vocation pédagogique, sont donc nécessaires et doivent être accrédités par l’Éducation nationale.

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