Être femme au XXIe siècle


Lundi, 17 Mai, 2010
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À l’occasion de la sortie de « Le Conflit : la femme et la mère » , Pote à Pote a souhaité comprendre ce qui pousse Élisabeth Badinter à tirer la sonnette d’alarme. Dans son ouvrage, l’auteure souligne les pressions dont sont victimes les femmes. Condamnées à la perfection, elles devraient exceller en tant que femmes, épouses et mères.


Être une bonne mère « indigne ». Pour Élisabeth Badinter l’idéo- logie naturaliste gagne du terrain. Dans leur ligne de mire : la chimie, qui se matérialise sous de multiples formes : pilule, couches jetables, petits pots ou encore lait en poudre. Pour les féminismes naturalistes, l’allaitement est au cœur de la relation mère-enfant. « Allaiter aide à être une bonne mère » indique Claude Didierjean, ex-présidente de la Leche League (LLL), association pour le soutien à l’allaitement maternel. Selon la militante pro allaitement, la tétée, surtout pratiquée au sein des catégories socioprofessionnelles supérieures, permettrait de répondre aux besoins fondamentaux de l’enfant. Pourtant cet acte serait de plus en plus souvent imposé. « Quand tu ne souhaites pas allaiter, on te culpabilise, même au sein des maternités» explique Flora Labourier, militante féministe. Pourtant Flora, tout juste mère, a choisi d’allaiter mais un mois seulement. « Je veux pouvoir boire un verre de rosé si j’en ai envie » explique-t-elle. Son objectif « être mère et femme à la fois » comme les nombreuses mamans qui s’autoproclament « indignes » car la pression sociale pèse sur leurs épaules dès lors qu’elles choisissent de ne délaisser aucun aspect de leur vie. Cette pression pose la question du choix d’enfanter.

Être ou ne pas être parents. Selon une étude TNS Sofres, réalisée en mars 2009 pour Philosophie Magazine, à la question « Pourquoi fait-on des enfants ? », 60% des sondés répondent « un enfant rend la vie de tous les jours plus belle ». 47 % considèrent qu’il permet « de faire perdurer sa famille », 33 % qu’« un enfant donne de l’amour et permet d’être moins seul quand on vieillit ». Élisabeth Badinter écrit « la plupart des parents ne savent pas pourquoi ils font des enfants ». Paradoxalement, les 9% de sondés qui ne souhaitent pas devenir parents doivent sans cesse se justifier. Dans une société où l’enfant est roi, la décision de ne pas enfanter n’est pas aisée à faire accepter.

Le plus grand pouvoir de l’être humain consiste à choisir sa destinée. En pensant la question du féminisme naturaliste, Élisabeth Badinter ouvre des pistes de réflexion. Pour autant, la question de la maternité se pose-t-elle de la même manière selon les catégories socioprofessionnelles ?

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