Éducation des enfants : pas gagné pour les hommes


Lundi, 17 Mai, 2010
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Si les pères sont plus nombreux à vouloir s’investir dans l’éducation de leurs enfants, la réticence des entreprises et la précarité grandissante des femmes ne leur facilitent pas la tâche.


L es statistiques le prouvent. Les hommes sont de plus en plus nombreux à vouloir s’investir et prendre une place importante dans l’éducation de leurs enfants. Près des deux tiers des pères concernés ont ainsi eu recours au congé paternité en 2003 et 2004 selon une enquête de la DRESS (direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques). Ils étaient même 71% chez les 25 – 34 ans. Il faut dire que depuis les années 70 et l’émancipation des femmes, la place du père au sein de la famille a beaucoup évolué. Institutionnellement, la fin de la puissance paternelle, votée en 1970, a fait place à l’autorité parentale. « Les hommes ont alors dû intérioriser le fait de construire leur paternité » note la sociologue Christine Castelain-Meunier, auteure de « La place des hommes et les métamorphoses de la famille » aux éditions Puf.

«Aujourd’hui, on ne peut plus dire que les pères soient absents de l’éducation de leurs enfants. Au contraire, il y a une réelle volonté de leur part de s’investir davantage et ce, quelque soit le milieu. Malheureusement, les hommes ne sont pas toujours perçus comme des pères au sein de leur propre entreprise et c’est toujours sur le travail de la femme que l’on continue à effectuer les aménagements horaires » constate la sociologue. Malgré toute leur bonne volonté, il est donc encore difficile pour ces nouveaux pères de prendre la place qu’ils souhaiteraient au sein de leur famille.

Manque cruel de places en crèches, horaires peu adaptés, précarité des femmes (82,3 % des contrats à temps partiel étaient effectués par des femmes en 2008), réticence des entreprises à faire bouger les lignes, « rien n’est fait pour aider à mieux répartir les rôles homme- femme autour de l’enfant de façon égalitaire », se désole Christine Castelain- Meunier avant de remarquer que ceux qui ont moins de ressources sont souvent les plus pénalisés.

« La tendance est alors plus grande de se replier sur un système défensif en revenant en arrière, à un système plus traditionnel, patriarcal, que l’on a vécu enfant et que l’on connaît... ». Pour cette sociologue, chargée de recherche au CNRS, il faudrait « davantage impliquer les entreprises. Leur faire comprendre que plus on s’occupera de l’homme dans sa vie familiale, mieux ce sera pour l’entreprise. Car les hommes ne veulent plus sacrifier leur vie au travail ! ». Heureusement, certaines entreprises l’ont déjà compris. Elles sont même plus de 150 à avoir signé la charte de la parentalité en entreprise, garantissant une prise en compte de la parentalité des salariés tout en s’inscrivant dans le respect de l’égalité professionnelle hommes-femmes. Une petite avancée notoire dans le grand tourbillon des métamorphoses de la famille.

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