Etat des lieux du ghetto : En période de crise, chacun mise sur son biz'


Vendredi, 4 Juin, 2010
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Par Erwan Ruty, Directeur de Ressources Urbaines


C’est vrai qu’aujourd’hui la mode est vraiment à l’individualisme. En 1997 ou 1998, NTM disait « en période de crise, chacun mise sur son biz ». Il est évident que, globalement, plus cela va mal, plus les personnes sont tentées de penser qu’il n’y a qu’eux, seuls qui arrivent à s’en sortir seuls, et que le meilleur gagne. Cette idéologie est très profondément implantée dans l’ensemble de la société française. Elle est hélas aussi implantée dans les quartiers populaires, dans les banlieues, alors qu’à une époque, on était plutôt sur des logiques collectives dans ces quartiers. La méritocratie républicaine est aujourd’hui à la mode, notamment depuis que le président l’a remise au goût du jour, mais de manière un peu nouvelle. La méritocratie permet surtout d’aider les meilleurs. C’est un peu le syndrome Billy Eliott. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce vieux film qui montrait un peu comment, en Angleterre, après les ravages du saturnisme, un gamin surdoué en danse arrivait à s’en sortir, finalement aidé par quelques institutions. Ici, on est effectivement dans ce même type de méritocratie où finalement, on met sur la même ligne de départ la gazelle, le lion, le panda et que le meilleur gagne. Ce n’est pas un moyen très pertinent, parce que, effectivement, certains s’en sortent et de fait, beaucoup de personnes dans les quartiers s’en sortent. Il y a plein d’Aziz SENNI, il y a des Abd Al MALIK, etc., mais pour quelque Aziz SENNI et quelque Abd Al MALIK combien galèrent de plus en plus ?

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