Habib, 17 ans, tué par un policier


Mardi, 7 Janvier, 2014
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Vers 4h du matin le 13 Décembre 1998, la police est alertée, une patrouille intervient sur les lieux. Elle constate que deux jeunes tentent de voler une voiture. Le brigadier Henri Bois et son collègue tentent de les interpeller.

 

L’un des deux jeunes, Habib Ould Mohamed ou « Pipo », est touché par une balle tirée par le brigadier Henri Bois. Il réussit à s’enfuir. Mais quelques heures plus tard, une femme retrouve le corps du jeune, décédé d’une hémorragie. Habib dit « pipo » avait 17 ans.

 

Pour les uns il s’agit un accident dramatique pour d’autres c’est une violence policière. Où est la vérité ? Henri Bois sera mis en cause pour homicide involontaire. Sa version des faits ? Pour lui ce n’était qu’un tir accidentel dont il ne s’est pas rendu compte. Le brigadier n’a jamais changé ses témoignages comme soulignent ses avocats. D’autre part les jeunes de la cité La Reynerie à Toulouse sont révoltés. Le complice d’Habib ne comprend pas comment on peut tirer pour un vol de voiture, d’autant plus qu’ils n’étaient pas armés.

 

Dans la soirée du13 décembre éclatent des émeutes dans la cité. Cette insurrection des jeunes des cités sensibles sera violente – plusieurs véhicules incendiés, des locaux publics brûlés. Et elle va durer jusqu’au 22 décembre. Des policiers plus expérimentés disent qu’avant ce n’était pas pareil – ils étaient des surveillants de l’ordre public mais aussi des référents pour les jeunes.

 

Quelques jours après les faits le brigadier qui a tiré la balle mortelle est mis en examen pour homicide involontaire, le maximum qu’il risque c’est 3 ans de prison et 300 000 francs d’amende. Le jugement a été rendu le 6 Septembre 2001 : 3 ans avec sursis. La famille de la victime est désenchantée. Pour eux, justice n’a pas été rendue.

 

Qu’est-ce qui a poussé le policier à tirer sur un jeune sans arme et qui lui tournait le dos? Est-ce qu’il s’est senti capable et autorisé à tirer à vue sur une cible qui fuyait ? Est-ce qu’il s’est senti, plus qu’au service de la loi, au-dessus de celle-ci ?

 

Comment modifier le rapport entre la police et les jeunes habitants dans des cités ? Comment établir, en dehors des périodes électorales, un débat constructif et fructueux entre les jeunes et les autorités publiques ? Comment guérir de sa surdité et de son autisme la classe politique considérée comme élitiste et éloignée radicalement des préoccupations du peuple ?

 

 

Gergana Dragan

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