« L’avenir de l’Afrique appartient aux africains. »


Lundi, 16 Novembre, 2009
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Les 10 et 11 juillet dernier l’Afrique en général et le Ghana en particulier étaient en liesse d’accueillir le "Fils prodigue" devenu l’homme le plus puissant du monde. Devant le parlement ghanéen, Barack Obama s’est adressé à l’Afrique et aux africains et qui mieux que lui pouvait mettre les pays africains face à leurs responsabilités?

D’entrée de jeu, le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama, a reconnu son appartenance à la famille africaine, appelé ses « pays frères » à se forger leur avenir, et invité ses pairs à suivre l’exemple du Ghana. « Après tout, j’ai du sang africain dans les veines, et l’histoire de ma famille englobe aussi bien les tragédies que les triomphes de l’histoire de l’Afrique dans son ensemble. Nous devons partir du principe qu’il revient aux africains de décider de l’avenir de l’Afrique. Il est vrai qu’une carte coloniale qui n’avait guère de sens a contribué à susciter des conflits, et l’Occident a souvent traité avec l’Afrique, avec condescendance, à la quête de ressources plutôt qu’en partenaire.

Cependant, l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie zimbabwéenne, au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats. » En clair, Barack Obama souffle dans la même trompette que Jean-Paul Sartre quand il disait « L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous ». Il est temps de cesser de nous larmoyer sur l’histoire. Nous avons aujourd’hui toutes les potentialités nécessaires pour forger notre propre histoire, notre bonheur, notre développement. Pour cela, la bonne gouvernance est un impératif. « Le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps »(…)

A tous les présidents africains manipulateurs des constitutions et dont le seul projet est de s’éterniser au pouvoir, Barack dit « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. L’histoire est du côté des courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir ». Il martèle également que par leur égoïsme, ces présidents créent « des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement(…) Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 % (…) Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie (…) il est temps que ce style de gouvernement disparaisse. » Obama les met en garde parce que « l’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas ».

Durant ce discours Barack Obama n’a pas manqué de s’adresser directement à la jeunesse africaine : « Ce seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir, qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé ». Il nous revient à tous de faire nôtre ce message du « président frère » et à tous nos chefs d’Etat africain, ayez le courage d’épouser la démocratie, de penser « peuple » au lieu de penser « clan ». Être doyen des chefs d’Etat devrait être une honte et pas une gloire.

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