Ils ont dit non aux discriminations de jour comme de nuit… Interview croisée de testeurs de boîtes de nuit


Lundi, 17 Août, 2009
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Aujourd’hui, le citoyen lambda et les entreprises s’approprient la méthode du testing initiée par SOS Racisme. Depuis sa campagne « les discriminations tuent les talents » lancée en 1999, l’association mène de nombreuses opérations, notamment devant des discothèques, pour alerter l’opinion publique. Sarah Anzilotti, citoyenne et témoin d’actions discriminantes, Machiatta Ismaël, militante à SOS Racisme plaignante, et Rachid Baloul, militant à Sos Racisme et plaignant, racontent leur engagement de « testeurs de République » en discothèque.

 

Pourquoi vous êtes vous engagés dans les testings ?


Sarah : « L’un de mes proches me parlait de cette nouvelle technique de lutte contre les discriminations qui serait vraiment utile pour la société, ça m’a plu, je me suis engagée ».

Machiatta  : « Je suis responsable du pôle juridique de Sos Racisme à Grenoble. Accueillir les gens, les écouter,… est une chose mais s’engager sur le terrain est complètement différent. Je voulais aller plus loin »

Rachid : « J’ai fait partie des pionniers du testing en 1999. La présidence innovante de Malek Boutih amenait une dynamique à laquelle j’ai voulu participer.  »

 

Qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

 

Sarah: « Deux groupes se rendaient dans la même boîte à des moments différents. Le premier était composé de noirs et maghrébins, bien habillés, on lui refusa l’accès à la boîte. Quand mon groupe composé de blancs, dont certains étaient habillés en jean et basket se sont présentés, on nous a accueilli sans nous poser de questions … » Sarah marque un temps d’arrêt, ses yeux s’embuent puis elle reprend après une courte pause « Je me sentais vraiment mal quand le premier groupe a su qu’on était passés. »

Machiatta : « Je ne sors jamais mais pour l’occasion, mon groupe était très bien habillé. Quand la discothèque « Ambiance Café » nous a refoulé, je suffoquais de colère et d’incompréhension... »

Rachid : «  Que ça fasse jurisprudence et que ça change la mentalité des victimes qui se sont habituées aux actes discriminants ». 

 

Pourquoi était-il  important que vous alliez jusqu’au procès ?

 

Sarah : «  Parce que mon témoignage était un soutien important au plaignant. »

Machiatta : « D’un point de vue juridique il faut créer des exemples. Ca sert à d’autres… Au niveau personnel, je voulais que les patrons soient obligés d’affronter leur lâcheté. »

Rachid : « Pour apporter ma modeste contribution à la République ».

 

Qu’est ce que ça a changé dans la société française selon vous ?


Sarah : « Le testing est connu et appliqué de manière plus large »

Machiatta : «  Grâce aux médias qui ont suivi nos affaires, il y a une véritable pression sur les sociétés »

Rachid : « Les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité deviennent possibles avec ce type d’action ».

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