Tests ADN : une honte avortée


Vendredi, 3 Janvier, 2014
Logo

Le mercredi 12 septembre 2007, la Commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois. Retour sur une politique eugéniste.

 

 

 

L’amendement énonçait qu’en cas de doute sur l’authenticité de l’acte d’état civil, l’état avait le droit d’exiger que le demandeur réalise à ses frais un test ADN. Ce test devait permettre la comparaison des empreintes génétiques pour vérifier l’appartenance familiale.

 

 

L’auteur de cet amendement, Thierry Mariani, qui était à l’époque député du Vaucluse et actuellement député de la 11ème circonscription des Français établis hors de France (Russie, Asie, Australie) remettaient en doute l’authenticité des actes officiels d’état civil fournis par les familles étrangères. Thierry Mariani se basait sur le rapport d’Adrien Gouteyron, un député UMP qui prétendait qu’entre 30 et 80% des actes civils venant de pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les deux Congo, Madagascar ou les Comores seraient frauduleux. On apppréciera la précision de la fourchette.

 

 

SOS Racisme rassemblat 300 000 signatairres à la pétition www.touchepasamonadn. com promue par Libération et Charlie Hebdo et réunissant des milliers de citoyens, artistes et personnalités, dont Carla Brunio, au Zenith en novembre 2007.

 

 

Même au sein de la majorité de l’époque, de nombreuses voix se levaient contre cet amendement qui allait à l’encontre des valeurs de la France : «En matière de filiation, rien ne repose sur la Biologie. On peut très bien reconnaître un enfant sans en être le père biologique. L’imposer à un étranger, parce qu’on met en doute son état civil, c’est contestable et déplacé » avait déclaré François Goulard, l’ancien député UMP du Morbihan. à l’époque, le Vatican avait lui aussi réagit : «En choisissant seulement certains candidats, en pratiquant ce type d’exclusion, on ne tient pas compte du bien commun universel» avait déclaré Monseigneur Agostino Marchetto, le porte-parole du Vatican.

 

 

En septembre 2009, le ministre de l’immigration de l’époque, Eric Besson annonça finalement qu’il ne signerait pas le décret d’application pour les tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Il évoque un problème de délai pour respecter avant le 31 décembre 2009 l’esprit et la lettre de la loi.

 

 

Julien Grégoire

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.