Marie-Christine Vergiat : Où est la libre circulation ?


Lundi, 1 Février, 2016
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Marie-Christine Vergiat est Députée Européenne, membre du groupe GUE NGL (Front de Gauche). Elle dénonce un manque de volonté intégratrice de l’Etat Français.


Si on remonte un peu en arrière, on voit que dans les années 1990, il y a eu beaucoup d’espoir. Les associations qui travaillaient sur les questions d’immigration, après l’adoption du traité de Maastricht, ont beaucoup cru qu’on allait crée un espace de justice et de liberté à l’intérieur de l’union européenne et que les politiques migratoires allaient avancer. Il s’agissait en réalité d’un renforcement des contrôles aux frontières ainsi que la création d’instruments juridiques qui permettent ce contrôle aux frontières.   

 

Le mécanisme de Dublin, c’est le système qui renvoie un étranger dans le premier pays dans lequel il est arrivé. Aujourd’hui, l’essentiel des migrations arrivent par le sud et notamment par la Grèce. Je dis toujours que la Grèce n’a vraiment pas besoin de ça en ce moment, elle aurait besoin d’un petit peu de solidarité des pays de l’Union Européenne, mais c’est vrai que ça bloque beaucoup sur la Grèce. 

 

Les conditions des migrants irréguliers en Grèce sont particulièrement dramatiques. Les étrangers qui cherchent à venir prennent de plus en plus de risques. 20 000 morts sont enregistrés en méditerranée depuis 20 ans aujourd’hui. 

 

 

Malheureusement, on ne tient absolument pas compte des rapports consacrés aux droits de l’Homme à l’ONU. Trois jours après le drame de Lampedusa, il y avait un conseil des ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne. Lors de ce conseil, six Etats ont dit qu’ils bloqueraient la directive sur le sauvetage en mer. Ces Etats ce sont : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, Chypre, Malte, il y en a sept d’ailleurs et le septième, je vous le donne en mille, c’est la France. Les pays du pourtour méditerranéen, ceux qui ont le plus appelé à la nécessité de la solidarité européenne et de la responsabilité européenne. Pourquoi ? Parce que la seule chose qu’ils veulent de l’Union Européenne, c’est du fric. 

 

En France, ceux qu’on appelle les Roms sont majoritairement des Roumains, donc ils sont citoyens européens et ils ont droit à la libre circulation. Chaque année, les expulsions de Roms coûtent 10 millions d’euros, les expulsions des démantèlements de camps, 10 millions d’euros. De 2007 à 2013, la France n’a utilisé que 4 millions pour l’intégration des Roms. Et on empêche les enfants d’aller à l’école, parce que quand on les déménage tous les 3 mois, ils ne peuvent pas avoir un parcours scolaire. Et après, on dit : ces enfants-là ne veulent pas aller à l’école. Et on dit, ces gens ne sont pas intégrables, comme l’a dit notre ministre de l’Intérieur. Donc, si on casse ces politiques-là, ça veut dire qu’on met des visas qui sont encore plus restrictifs et on n’a vraiment pas besoin de ça.

 

Marie-Christine Vergiat

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