Le Moudjahid anticolonialiste


Samedi, 13 Octobre, 2012
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Toute l’Affaire Audin…C’était donc pour lui ! Oui, mais pas que !


Maurice Audin était au commencement de la guerre d’Algérie un brillant assistant de mathématiques français à l’université d’Alger de 25 ans. Anticolonialiste convaincu, il militait au Parti communiste algérien.

 

Et c’est parce qu’il militait activement pour l’indépendance algérienne qu’il fut le 11 juin 1957 interpelé à son domicile puis porté disparu… Son corps ne sera jamais restitué à sa famille.

 

Henri Alleg, son camarade de parti, ancien directeur du journal Alger Républicain, arrêté le lendemain était le dernier à l’avoir vu en dehors des militaires. Survivant de son cauchemar, il fut par ailleurs lui aussi torturé. L’historien Pierre Vidal-Naquet prouvera par la suite, par une enquête scrupuleuse publiée dans son premier ouvrage L’Affaire Audin en 1958 que Maurice Audin n’avait en aucun cas pu s’évader comme le prétendait l’armée, en sautant de la jeep qui le transférait de son lieu de détention, mais qu’il avait bien été torturé et assassiné. Par cette affaire, la torture en Algérie qui concerne des milliers de personnes moudjahidines ou militants des droits de l’homme bien français a un visage : celui de Maurice Audin.

 

Prise de conscience

 

La mobilisation établie par cette affaire permettra la prise de conscience française de la généralisation de la pratique de la torture en Algérie. A l’initiative de Laurent Shwartz, un autre mathématicien, et avec un groupe d’intellectuels français dont Pierre Vidal-Naquet, se crée le comité Audin, dont l’objectif est de faire la lumière sur sa mort. Maurice Audin devient alors le symbole de la « révolte des universités contre la pratique de la torture par le gouvernement ».

 

De l’autre côté de la rive et jusqu’à aujourd’hui, les Algériens en ont fait de Maurice Audin un de leurs martyrs, un « moudjahid » pour la cause de l’indépendance algérienne. Une place porte son nom à Alger. Mais de façon universelle, Maurice Audin fait partie de cette génération de jeunes militants engagés morts pour la cause qu’ils défendaient, partis trop tôt pour avoir osé crier «  Vive l’Algérie indépendante », « Tahia El Djazaïr ».

 

Cela fait 55 ans que Maurice Audin a disparu. Et sa famille et l’association Maurice Audin attendent encore que la vérité sur la mort de Maurice soit officiellement établie.

 

Loubna Cherchari

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