Une Femme battante pour les femmes battues


Dimanche, 14 Octobre, 2012
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La comédienne et femme battante Samia Orosemane soutient la proposition de la Fédération Nationale des Maisons Des Potes en faveur des femmes battues. Elle emploie son énergie débordante à colorer ce monde de son sourire et de son rire.


Elle court, Samia Orosemane, elle court, furtive est son ombre, l’humoriste glisse entre les doigts comme son sourire entre deux rires. Entre la Belgique, le Maroc et la Suisse, la Femme de Couleurs* m’accorde une entrevue. Trop courte, trop brève, tant il y a à raconter sur ce parcours de femme battante au sourire de femme bisounours, mais femme battue par les médias.

 

L’humoriste Samia Orosemane appuie à fond la proposition de la FNMDP « un centre d’hébergement pour les femmes battues dans toutes les villes de plus de 30 000 habitants ». Pour l’humoriste « c’est absolument réalisable avec tous les impôts. Quand on sait que certaines mairies explosent leur budget (artistes) pour avoir le même budget l’année suivante. Dans ce quinquennat il y a largement le temps. C’est un minimum dans un pays tel que celui-ci. »

 

Mettre de la couleur

 

 Et elle le connait bien ce pays qui est le sien. Et elle le connait bien ce métier qui est le sien. Comédienne, elle l’est depuis 1992. Mais sur la route, elle l’est depuis 2008. Depuis, elle cavale. Tout à l’heure, elle attrapera l’Eurostar pour participer à un spectacle à Londres. Elle y a été invitée par Kheridine Mabrouk, auprès de Samir Abdallah, le co-réalisateur du film Gaza strophe (voir p.9). Après, direction le festival d’Avignon. Entre temps, elle courra passer une audition pour une série sur France Télévision proposée par la productrice Yasmina Yahiaoui (voir p.8). Quand je lui demande pourquoi l’investissement de tant d’énergie, elle me répond : « Quand je suis arrivée dans le métier : on m’a dit n’essaie même pas. Moi je me disais « tout le monde a ses chances, faut juste du travail », et comme une bisounours, j’y ai cru… Maintenant, je ne vais pas attendre qu’on me donne, je vais prendre ».

 

 La cavaleuse ne veut pas non plus se corrompre : « je n’ai pas envie d’être un « collabeur ». C’est-à-dire cracher sur les siens même si ça peut ouvrir une porte, ça serait me mentir à moi-même ». Bruno Solo, qui l’a appréciée sur le festival l’Humour en Capitale, lui a glissé cette confidence : « un artiste est là pour apporter son point de vue, même si ça dérange c’est pas grave. » Pour celle qui veut mettre de la couleur dans un endroit en noir et blanc, pas de doute : jamais elle ne se laissera abattre, jusqu’à en mourir de rire.

 

 

dolpi

*C’est le nom du spectacle de Samia Orosemane.

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