Femmes en quête d'autonomie


Lundi, 15 Novembre, 2010
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Fondée par Thérèse Clerc, une militante féministe de la première heure, la MAISON DES FEMMES à Montreuil fête ses dix ans. Dédiée aux femmes, cette structure se veut un lieu de rencontre, de débat et de culture. Son actuelle présidente, Roselyne Rollier réagit sur notre proposition d'ouvrir plus de centres d'accueil pour les femmes victimes de violences conjugales.


« Ouvrir des lieux d'hébergement, sur le principe, je suis d'accord. Mais cela ne pose pas les vraies questions. Sinon, exigez tout ce qui doit suivre derrière. Parce que quinze places ici ou là, c'est une goutte dans un océan. » Quand il s'agit de parler de droit des femmes, Roselyne Rollier ne mâche pas ses mots. Plutôt que de répondre à l'urgence dans l'urgence, elle propose de s'attaquer aux problèmes de fond. « Il faut que ces femmes aient des revenus. Ce sont elles qui quittent le domicile parce qu'elles ne peuvent pas payer le loyer. Plutôt que dépenser beaucoup d'argent pour faire vivre des centres, il faudrait voir combien coûterait une formation par exemple, pour qu'elles puissent devenir autonomes et rester dans leur appartement. » Placées dans des centres d'urgence, elles ne peuvent accéder à des logements définitifs. « Actuellement ces femmes ne peuvent être relogées nulle part, elles n'ont pas de place à la crèche pour leurs enfants donc ne peuvent pas chercher de travail. C'est l'engrenage. C'est l'ensemble des structures qui dysfonctionne. » De l'absurdité des règlements HLM aux agents de police non-formés, de nombreux processus qui enfoncent les femmes dans la fragilité doivent être dénoncés.

« Nous ne sommes ni une maison d'accueil ni un centre social, mais un lieu où celle qui vient demander de l'aide sera reconnue, non comme victime, mais comme femme qui a des droits ». C'est en étant dans l'écoute et dans l'appréhension d'une situation globale que les permanentes de la MAISON DES FEMMES à Montreuil orientent, accompagnent et soutiennent les femmes démunies. « Nous cherchons à comprendre ce qui, dans leur environnement, ne leur a pas permis de s'en sortir par elles-mêmes », explique la présidente de l'association. Cette écoute se traduit pas des groupes de paroles non-mixtes qui travaillent notamment sur la victimologie, mais aussi par une permanence d'aide juridique, un accompagnement vers les services sociaux, des ateliers de formation et d'aide à la recherche d'emploi. Car, pour cette militante, l'emploi des femmes reste la clé de leur autonomie.

 

Christine CHALIER

 

 Photo : Roselyne Rollier, DR.

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