L’école canadienne à l’heure de la citoyenneté


Lundi, 26 Décembre, 2011
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L’école est encore aujourd’hui, considérée comme un vecteur de l’apprentissage de la citoyenneté. Si cette idée est moins visible en France (hormis les conseils de jeunes et les élections des délégués), elle est davantage perceptible au Canada. 

 

(Crédit photo : Jérémy Marie)

 

Pour expliquer cette différence, il convient de revenir sur le découpage administratif des deux pays. Le Canada est un pays fortement décentralisé, la compétence éducative revient donc aux provinces. De ce fait, il n’existe pas de programme éducatif nationalement institutionnalisé. Cela permet de donner une certaine autonomie aux institutions scolaires pour savoir sous quel angle aborder la thématique de la citoyenneté. L’enseignement de la citoyenneté n’est pas réduit à une matière spécifique avec un volume horaire lui étant consacré. Bien au contraire, elle est perçue comme faisant partie intégrante de l’ensemble des disciplines scolaires. Cela part du postulat que la citoyenneté à l’école ne se résume pas à l’apprentissage des institutions et à l’histoire civique.

 

Autonomie et sens des responsabilités

De quelle manière les institutions scolaires canadiennes tentent de transmettre aux jeunes une conscience de cette thématique sociétale ? Si l’on prend l’exemple du Québec, cela s’est traduit par une volonté que les élèves développent une autonomie et un sens des responsabilités. Ces orientations ont pour origine l’instauration d’une loi sur l’instruction publique. Elle incite les établissements scolaires à mettre en œuvre des organes de participations pour les jeunes par l’intermédiaire de conseils d’élèves. Ils peuvent prendre différentes formes : conseils d’écoles, conseils de classe …

L’objectif de ces instances de participation est double. Elles permettent de sensibiliser les jeunes sur les questions et les démarches citoyennes en les mettant dans des situations de débats, délibérations et concertations. Au-delà de ces apprentissages, le deuxième objectif est de donner un pouvoir décisionnel (et financier) aux élèves pour qu’ils ne soient pas que de simples observateurs de la vie de leur école. Cela leur permet de s’approprier d’une certaine manière un espace conçu pour eux. Ils sont souvent perçus comme étant des « membres passifs » uniquement présents pour acquérir un certain nombre d’apprentissages purement scolaire.

 

La France en retard ?

A partir de ces conclusions, peut-on dire que la France est en retard sur ces questions en comparaison de ce qui se fait au Canada ? Il semble pour l’heure que cela ne soit pas aussi évident que cela. Si l’école française est encore aujourd’hui beaucoup codifiée et structurée, des initiatives sont instaurées pour créer les conditions de mise en situation des jeunes à des formes citoyennetés diverses. Plusieurs villes décident ainsi d’instaurer des conseils municipaux de jeunes où ces derniers ont la possibilité d’élaborer des projets pour leur école ou pour leur commune.

 

 

Teddy Ambroise



 

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