Hocine Saal : « des salaires moindres de 40 % »


Lundi, 1 Février, 2016
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Hocine Saal est secrétaire général du SNPADHUE (Syndicat National des Praticiens A Diplôme Hors Union Européenne). Il explique ici le cas particulier des médecins étrangers qui éxercent en France avec un statut moins avantageux que leurs collègues français.


Lorsqu’un médecin étranger arrive en France, il doit d’abord passer par un parcours des plus fastidieux avant de pouvoir exercer sa profession.

Il s’écoule en moyenne 10 ans entre le moment où il trouve un poste en hôpital et le moment où il est autorisé à exercer. Ces médecins pratiquent leur métier sous des statuts tout à fait différents de ceux de leurs confrères diplômés français, à savoir soit des statuts d’internes ou bien de praticiens attachés, et le salaire d’un praticien attaché est en moyenne moindre de 40% par rapport à celui d’un praticien diplômé français. 

 

Ces praticiens qui font tourner nos services de soins fournissent globalement le double du travail en comparaison de celui fournit par leurs collègues. Bien souvent, ce sont également eux qui assurent les gardes du weekend, les astreintes, les jours fériés… 

 

Ces médecins se voient malheureusement souvent refuser l’accès aux emplois classiques de praticiens hospitaliers et sont obligés de passer les concours avec des postes très restreints. Ils doivent ensuite déposer des dossiers devant des commissions d’autorisation d’exercice qui mettent en moyenne entre 8 à 12 mois pour statuer sur leurs aptitudes et il leur faut alors trouver un poste en adéquation avec leurs compétences. Les médecins ne sont pas les seuls à subir cette situation, puisque les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes sont confrontés au même problème.

 

Le syndicat que je représente œuvre essentiellement pour essayer d’intégrer ces praticiens dans notre système médical, mais surtout, on œuvre pour le maintien du niveau d’excellence de la médecine française. Je pense que ces deux exemples illustrent réellement la complexité du parcours d’un médecin, mais il faut savoir que cela se passe très différemment chez nos voisins européens.

 

A titre d’exemple, en Allemagne, ces praticiens arrivant de l’étranger doivent suivre une remise à niveau de la langue, puis exercent d’abord deux ans sous la responsabilité d’un chef de service avant d’être autorisé à exercer dans les hôpitaux allemands. En Suisse, dès lors qu’un praticien est accepté par un chef de service, il est autorisé à exercer. 

J’espère qu’en France, les choses bougeront rapidement. On est toujours en train d’essayer de les faire avancer. Des décrets doivent paraître d’ici peu, on verra ce que ça donnera.

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