Un si long chemin vers l’égalité


Mercredi, 25 Septembre, 2013
Logo

Si la Bulgarie n’est pas un modèle dans la lutte contre les discriminations, elle est néanmoins dotée d’une instance, la Commission de protection contre la discrimination, qui, comme nous l’explique sa chargée de projet Margarita Spasova, mène un travail de fond pour évaluer la situation des étrangers dans le travail.

 

 

Travailler pour un organisme national œuvrant pour l'égalité dans un pays en transition et nouveau membre de l'UE, fournit des réflexions intéressantes et stimulantes sur les concepts et les réalités de l'égalité, de la non-discrimination et la tolérance.

 

La Commission de protection contre la discrimination en Bulgarie est un organisme indépendant et national en termes de législation européenne contre la discrimination. Elle a été créée et fonctionne conformément aux Principes de Paris des Nations Unies (engagements relatifs à la protection des enfants, ndlr) et la recommandation de politique générale N° 2 de l’ECRI (Commission européenne contre le racisme et l'intolérance).

 

Compliqué

 

Contrairement à la plupart des lois antidiscriminatoires européennes qui limitent leur champ d'application aux six motifs protégés (genre, ethnie/race, âge, handicap, religion ou convictions et orientation sexuelle), la loi bulgare énumère 19 motifs protégés. Par ailleurs, la Commission émet des décisions juridiquement contraignantes et effectue de nombreuses démarches de sensibilisation visant à éliminer les causes et les conséquences de la discrimination –un phénomène aux racines sociales et psychologiques profondes qui contrarie même les sociétés les plus démocratiques. Dans ses formations et campagnes d'information pour les magistrats, les policiers, les éducateurs et les jeunes, la Commission tente de dénoncer les préjugés et les stéréotypes.

 

Cependant, la discrimination contre les personnes appartenant à des minorités ethniques persiste dans de nombreux domaines de la vie. Encore plus compliqué, les défis auxquels sont confrontées les femmes et les jeunes filles issues de minorités ethniques et religieuses. Selon l'Institut national de la statistique, en Bulgarie les groupes ethniques représentent 14,2 % de la population du pays avec une dominante turque (8,8%) et rom (4,9%). Le nombre de femmes l'emporte sur le nombre d’hommes dans la société bulgare (les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans les catégories d'âge supérieures à 40 ans), tandis que le nombre d'hommes est plus important que le nombre de femmes dans les groupes ethniques traditionnels des Turcs et des Roms.

 

Insurmontable

 

La mauvaise pratique des annonces d'emploi ouvertement discriminatoires n'est plus visible. Cependant, pour une personne issue d’une minorité ethnique, il est très difficile de cacher ses origines lors d’un entretien d’embauche. La consonance du nom ou la couleur de peau, révélateurs d’une appartenance à la communauté rom, peut devenir un obstacle insurmontable.

 

En 2012, la Commission de protection contre la discrimination a orchestré une enquête nationale sur la représentation des minorités ethniques dans l'administration publique. Les résultats fourniront une image claire de la situation dans les différentes couches de la hiérarchie publique.

 

Margarita Spasova

 

 

Margarita Spasova travaille depuis 2008, comme chargée de projet et de communication à la Commission de protection contre la discrimination en Bulgarie. De 2006 à 2008, elle a été cheffe de projet pour la diversité, les initiatives en matière d'égalité entre les sexes au sein du ministère du Travail et de la Politique sociale. Experte dans l'autonomisation des femmes avec un intérêt particulier pour les minorités ethniques et les femmes et jeunes filles immigrantes; elle a également été l’invitée des Universités d’automne de la Fédération Nationale des Maisons des Potes en octobre 2012.

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.