Portrait : Abel Jafri

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Samedi, 28 Février, 2009
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Pas facile d’être comédien quand vous avez grandi à Aubervilliers sans eau courante, chauffage ni électricité. Pas facile ensuite quand vous réussissez à obtenir des patits rôles d’échapper aux stéréotypes. A force de volonté et de talent, Abel Jafri a réussi. Portrait d’un comédien issu de la banlieue par sa pote, Loubna Méliane.

Abel Jafri est comédien et pourtant rien ne le destinait à cet avenir. Son père est issu d’une génération de caravanier du sud de l’Algérie et sa mère est tunisienne. C’est parmi huit frères et sœurs qu’il a grandi à Aubervilliers, à une époque où l’intégration n’était pas gagnée d’avance. Nous sommes à la fin des années 60, les ratonnades, les baraquements, des conditions de vie difficiles (pas d’eau courante, de chauffage ou d’électricité) sont le lot quotidien de cette génération. Malgré tout, l’ambiance est à la solidarité, au partage et à l’entraide, unique réconfort face à la violence du monde extérieur. Pour pallier les difficultés, la municipalité de l’époque met en place un dispositif d’éducateurs de quartier. Les jeunes sont pris en main et ils découvrent de nouvelles activités comme le théâtre, l’équitation mais aussi la montagne et la neige. Abel a toujours été un enfant curieux : très vite, il s’est ouvert au monde extérieur. Par nécessité – trop tôt, il a pris conscience du manque d’argent : il cumulait les petits boulots non seulement pour donner un coup de main à sa famille, mais également pour acquérir son indépendance : cela lui permettait ainsi de découvrir d’autres horizons. Progressivement, le théâtre prend de la place dans sa vie. Au début, lorsqu’il se produit dans le quartier, l’accueil n’est pas des plus chaleureux. Ses potes sont surpris et ne comprennent pas sa démarche. Ce chemin, à leurs yeux, n’est pas « pour eux ». Abel persiste et va jusqu’à décrocher des rôles rémunérés, pourtant il ne rêvait pas de faire de la comédie son métier, c’était pour lui un petit boulot comme un autre.

Rôles de petite frappe, dealer

Plus tard, Jack Ralite, maire d’Aubervilliers, lui proposera de monter une compagnie de théatre, dans un espace de création artistique et d’échange, les « Laboratoires d’Aubervilliers ». À son tour, Abel va transmettre à d’autres jeunes ayant besoin à leur tour, d’encadrement, sa passion pour le théâtre et le cinéma. Pendant cette période, il continue à se présenter à des castings, mais le cœur n’y est plus. Il en a marre qu’on lui propose que des rôles de petite frappe, de dealer ou de mec agressif. Lui qui s’est toujours senti citoyen français, il ne conçoit pas qu’on veuille le confiner dans ce type de personnage. Heureusement, le théâtre offre plus d’ouverture. Il jouera dans plusieurs pièces notamment dans Truisme de Nathalie Sarraute ou dans L’Algérie en éclat de Catherine Lévy Marie.

Bled Number One

Enfin, on lui propose un rôle « positif » pour une série-télé où il jouera un éducateur de la DDASS dans « Famille d’accueil ». Il sait maintenant que ces horizons dont il rêvait lorsqu’il était ado sont à sa portée. Ensuite, tout s’enchaîne assez vite : parallèlement à ses apparitions répétées à la télévision (notamment dans les Cordier Juge et Flic et P.J) on peut également le voir à l’affiche de films dramatiques et engagés, comme la Passion du Christ (2004) de Mel Gibson ou Bled Number One (2006) de Rabah Ameur-Zaimeche. Dans Bled Number One, il joue le rôle d’un bledard, un vrai rôle de composition pour lui qui a grandi en France et connaît très mal ce pays. Pendant le tournage, il reste avec les villageois pour s’imprégner du rôle. Dans le milieu du cinéma, certains penseront que son personnage est joué par un local et pas par un acteur. Les clichés lui collent à la peau…Malgré tout, il y prend du plaisir, y fait des rencontres, franchit des barrières. Et l’envie de jouer un rôle où les codes culturels se seront effondrés, lui colle toujours à la peu.

On peut le retrouver aujourd’hui à l’affiche de l’Autre Moitié, film de Rolando Colla et de Dernier Maquis, film de Rabah Ameur-Zaimeche sorti en salle il y a quelques jours.

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