Quand les riches se plantent d’adresse...


Lundi, 14 Février, 2011
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Des listes d'attente aux longueurs abyssales grouillent dans les placards des bailleurs de logements sociaux, des personnes aux revenus maigres patientent pour l'obtention de ce qui est devenu une denrée rare : un logement HLM...


La Tribune a révélé en novembre 2010 que 53 000 foyers ayant un à deux enfants vivent en logement HLM alors que leurs revenus se situent entre 11 200 et 13 500 euros par mois. Cette frange de la population que l’on appelle le «dixième décile» fait partie des 10 % des foyers les plus riches de France... Même s’ils ne représentent que 4,3 millions de locataires HLM (soit 1% des locataires) les discours de justice sociale en prennent un sacré coup !

«31,4 % des locataires du parc locatif parisien comptaient à la fin 2007 30 % des ménages les plus riches de France». La Tribune précise que «si ces chiffres datent de 2007, il est à craindre que la situation n’ait pas évolué». A titre indicatif, environ 400 000 familles ayant un enfant vivent en HLM avec un revenu de 5 400 euros par mois... Ces chiffres sont issus d’une étude du parc HLM 2007 réalisée par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes).

Même si cette pingre bourgeoisie squatte nos HLM en s’acquittant d’un surloyer complémentaire (de 10 à 1 500 euros en fonction de leur déclaration de revenu -visée par l’office HLM-), il est indispensable de rappeler que ces loyers restent bien en deçà des loyers pratiqués sur le parc locatif privé.

Mais qui sont ces locataires dorés ? Bien souvent il s’agit de ménages qui ont intégré ces logements sociaux à une époque où leurs revenus correspondaient aux fourchettes proposées par les offices HLM. « C’est le fruit d’une situation ancienne », explique un responsable d’office HLM qui précise que, « ces personnes ont intégré les HLM à un moment où leurs revenus étaient bien moins élevés ». Quelques années plus tard, ascension sociale aidant, ils se sont retrouvés bien audessus des barèmes sociaux...Depuis ils refusent, aidés par les Ministres de la ville successifs -sous prétexte de mixité sociale...-, de quitter leur logement pour laisser place à de réels nécessiteux censés être les premiers bénéficiaires ; mais « la loi pose comme principe le maintien dans le logement social » ajoute ce responsable d’office HLM donc...

Entendons nous bien, la flambée des prix de l’immobilier en région parisienne incite encore moins ces locataires par- ticuliers à quitter leur tanière pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Force est de constater que la raison première des logements sociaux a été très largement détournée, même si à priori leur occupation par des personnes à revenus au-dessus des ba- rêmes reste légale, nous ne pouvons faire fi des 1, 2 million foyers pauvres ou modestes qui sont sur liste d’attente pour obtenir un appartement HLM. En plus de distribuer des logements à loyers modérés sur des critères ethniques, d’exclure et de ghetthoïser les couches populaires en dehors des centres villes -sujets sur lesquels la Fédération Nationale des Maisons des Potes lutte depuis sa création en proposant l’anonymisation des candidatures des demandeurs de logements sociaux-, nous devons rester vigilants sur ce fléau qu’est la répartition égalitaire des habitats dignes pour les classes modestes et pauvres.

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