Le leurre de la mixité sociale


Mardi, 26 Mars, 2013
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Sous couvert de mixité sociale, on discrimine, on ségrègue en pratiquant en fait une réelle sélection ethnique. Le patronyme se transforme alors en outil de discrimination dénoncé par Manuel Domergue, responsable de la commission logement d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).


 L’anonymisation des demandes de logements sociaux, c’est effectivement un sujet un peu tabou dans la classe politique et parmi les bailleurs sociaux. Et pourtant ils se justifient par ce qu’il y a des discriminations ethniques, raciales dans l’accès au logement social.

 

Le GELD (Groupe d’Etude et de Lutte contre les Discriminations raciales) à fait une étude extrêmement intéressante sur les discriminations dans l’accès au logement social. Elle a montré que parmi les nouveaux arrivants dans le parc social, 19 % des immigrés avaient attendu plus de trois ans pour avoir un logement alors que parmi les non-immigrés, le chiffre est tombé à 8 %. Les immigrés sont sur-représentés parmi les demandeurs. C’est pourquoi la demande d’anonymisation se justifie vraiment de manière très importante.

 

Si on veut parler de mixité ethnique, elle n’a aucun fondement juridique. Il n’y a aucune loi qui dit qu’il faut dans un quartier tant de Sénégalais, tant de Maliens, tant de Français etc… De plus, ça ne serait pas légal. Donc on s’abrite derrière la notion de mixité sociale pour en fait mettre en œuvre une mixité ethnique. Comment se faite-elle ? Les élus, actions logement etc..,. mettent en place des politiques discriminatoires, consciemment ou inconsciemment. Ce n’est pas une généralité mais on s’aperçoit dans les moyennes chiffrées que ces discriminations existent, et se fondent sur le patronyme en général. Tout s’simplement un Simsoco et un Domergue ou un Robert n’ont pas les mêmes chances d’accès quand ils déposent une demande de logement social. Pourquoi donc les patronymes sont-ils pris en compte ? Il n’y a aucune raison légale, aucune loi qui dit que les demandes de logements sociaux se font en fonction du patronyme de la personne. Il y a des critères qui sont légitimes, auxquels on peut attribuer des coefficients. Par exemple, telle mairie met en priorité les mères célibataires ou les personnes qui n’ont pas de ressources ou les gens qui sont au chômage ou ceux qui reprennent un emploi ou selon l’ancienneté de la demande, tout ça ce sont des critères qu’on peut objectiver

 

Manuel Domergue

 

Manuel Domergue

Alter-militant pour un logement pour tous, Manuel Domergue, en plus d’être journaliste à Alternatives économiques, est responsable de la commission logement d’Europe Ecologie-Les Verts, tout en faisant partie du collectif Jeudi Noir.

 

 

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