L'anonymisation en questions


Mardi, 26 Mars, 2013
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Les questions du public lors de la table ronde sur le logement.

Brahim, Marseille, issu d’une cité très défavorisée du 3eme arrondissement :

 

« Il faut s’arrêter d’employer le mot ghetto ça nous énerve, vous nous prenez pour des gens différents, c’est énervant, et ça ne nous donne pas envie de nous motiver, ça nous rabaisse. Pour revenir sur les HLM, nous on ne demande pas de changer d’environnement, on demande juste de l’aide, on demande que dès qu’il y a un problème dans nos appartement, on puisse appeler et qu’ils viennent réparer ça. Aujourd’hui, dès qu’on appelle ils mettent du temps à venir. Il y a des moments, ils ne viennent même pas c’est nous qui devons faire le travail nous-mêmes. C’est pour ça qu’on est énervé dans les cités. »

 

 

Hayet Boudella, Mixité de France en action, Marseille :

 

« Concernant la ségrégation territoriale, effectivement on peut dire que Marseille joue son quotas de logements sociaux mais, bien évidement elle est sectorisée sur le secteur nord de Marseille. D’une part on a le sentiment de la démission totale des bailleurs : le délabrement, les logements insalubres, les ascenseurs en panne, ça c’est une réalité. Au-delà de ça la problématique la plus profonde, c’est le clientélisme de nos politiques locales, j’emploie le terme qu’il faut. Pour information, le secteur nord de Marseille est un secteur détenu depuis des décennies par la gauche et il y règne en toute impunité un clientélisme local, une politique à des fins électoralistes, c’est la réalité aussi. »

 

 

Hamza, Maison des Potes du Grand-Lyon :

 

« Ҫa me fait un peu rire parce que les personnes de gauche qui sont là jouent le jeu à renvoyer la balle sur le gouvernement précédent. Aujourd’hui, il faut arrêter de regarder en arrière, aujourd’hui il faut lever la tête, regarder vers l’avenir, relever les manches et mettre les mains dans le cambouis. Apparemment pour l’instant certaines personnes n’ont pas envie de mettre les main dans le cambouis.

 

Quand j’entends qu’"il faudrait", "il faudrait", c’est au futur. Excusez-moi mais… il y a urgence, quand je vois des gamins de deux ans qui sont atteints de cancer à cause de leur logement, moi je trouve déplacé d’utiliser le futur. »

 

 

Lahssen Bani : Maison des Potes de Narbonne :

 

« Je vous interpelle parce que je suis marié et j’ai trois enfants. Il y a dix ans, on est descendu sur la Côte d’Azur, à Nice. On a fait une demande et il s’avère que c’était cinq ans d’attente. J’ai même vu des personnes qui ont attendu vingt ans. On c’est retrouvé à Narbonne, deux ans d’attente. Puis on a visité un apparemment. Les lieux n’étaient plus dans les normes… Voilà, on a refusé. Au début on cible un quartier pour le bien de nos enfants, pour les écoles, pour tout ce qui va avec mais, apparemment à chaque fois qu’on refuse il y a un an. Au total en quatre ans, on a fait trois demandes. Donc imaginez-vous que ça fait trois ans qu’on attend, qu’on a refusé parce que soit y a des cafards soit … Qu’ils viennent voir un peu les lieux. Ah mais non ils ont peur, ils ne viennent pas ici. Moi je dis en fait, tout doit être rasé à la souche. Dans les HLM, il y a trop de divisions, un excès de racisme et c’est là qu’on devient raciste avec soi-même, c’est là qu’on aura peur de nos enfants, c’est là que la police ne rentre pas. Vous remarquerez, toutes les cités sont éloignées de la plupart des villes. Quand j’étais adolescent, je ne comprenais pas pourquoi il fallait prendre le bus pour aller jusqu’en ville. On sent ce rejet une fois qu’on est dedans. »

 

 

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