Villeneuve blessée, outragée, Villeneuve à libérer!


Lundi, 16 Août, 2010
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Le quartier de la Villeneuve à Grenoble est victime de l’attitude du président de la république, de son gouvernement et plus spécialement de Hortefeux.


Les actions répressives lancées par le gouvernement en plein été autour d’un fait divers dramatique qui aurait pu être traité différemment par la police, ont visé et atteint des populations tranquilles qui vivent dans un contexte économique et social difficile.

Le travail des collectivités locales (mairie, communauté d’agglomération, conseil général) pour améliorer à la fois le contexte physique de ce quartier, le contexte social, économique, éducatif et culturel est rendu difficile par la politique d’Etat.

L’Etat a montré au cours de cette période d’été qu’il visait un type de population puisqu’il s’en est pris, sous prétexte d’éradiquer différents trafics, à deux autres quartiers à caractère social : Mistral, Teisseire : contrôle de police au faciés, descente de police au petit matin avec tout le tapage nécessaire pour inquiéter et perturber les populations. Puis, il a rajouté la chasse aux Roms !

Les élus locaux ont tenté d’intervenir pour calmer le jeu répressif de l’Etat : en vain !

La mise en scène qui a suivi avec le limogeage d’un préfet dont les élus locaux soulignaient le travail notamment dans le secteur de l’économie, son remplacement par un préfet-policier, la présence massive des forces de l’ordre dans la ville avec ballet d’hélicoptères, ... n’a pu que faire peur, inquiéter ces quartiers.

Les quartiers Teisseire et Misral ont été l’objet de grands chantiers d’urbanisme mené par la ville de Grenoble pour en améliorer le côté physique, le cadre de vie des habitants. Mais cela n’a pas changé le contexte social, économique, éducatif et culturel. Ces quartiers souffrent, comme Villeneuve de ces difficultés de vivre.

Villeneuve qui fut un exemple de « nouvelle société » dans les années 70-80, s’est dégradé dans le temps par la dégradation économique apparue à partir des années 80. Le chômage, l’absence de perspectives pour les jeunes générations, la concentration des populations les plus fragiles, les plus pauvres ont amené cette dégradation sociale qui a entraîné tous les déséquilibres, devenus le quotidien de ce quartier.

Il est vrai que la Ville a tardé à intervenir sur le bâti, le dur. Après les quartiers Teisseire et Mistral, Villeneuve doit connaître une opération de réhabilitation physique qui améliorerait le cadre de vie des habitants. Mais, il n’enlèvera ni le chômage, ni la pauvreté, la précarité, non plus le déficit éducatif, culturel dont les missions sont de l’ordre des politiques d’Etat. Les collectivités locales essaient de pallier à ce retrait de l’Etat mais sans les moyens nécessaires : création d’emplois, éducation nationale, aides aux milieux associatifs, maintien des services et commerces ... Dans un contexte national dégradé, Villeneuve n’est qu’un quartier de ville de plus en difficulté. Ce sont les orientations nationales et les moyens donnés aux collectivités locales qui permettront de sortir de cette situation. C’est avec des politiques respectueuses de notre identité plurielle, diverse, mixte que ces quartiers seront intégrés à la ville. Mais aujourd’hui, la chasse à « l’autre » est lancée.

Il nous faut arrêter cette dérive de notre société pour retrouver une démocratie respectueuse des valeurs républicaines.

 

Jacques savine, Président de Sos racisme Grenoble

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