"A elle seule, la loi ne peut pas tout"


Lundi, 17 Mai, 2010
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Réaction du sénateur Courteau, auteur de la loi contre les violences faites aux femmes, à l’issue du débat «Femmes victimes, femmes en lutte» organisé en avril dernier par le comité NPNS de Narbonne.

Cécilien Redonnet : Selon vous, quels sont les enjeux à venir pour créer les réelles conditions de l’égalité hommes-femmes ? 

Roland Courteau : En premier lieu, il y a la loi qui doit protéger les victimes. Mais à elle seule, la loi ne peut pas tout. L’état se doit de mettre en place un certain nombre de moyens financiers pour une application juste de celle-ci. Notamment investir dans les centres d’hébergement des victimes mais également dans des centres de soin pour les auteurs de violence.

Si l’on veut véritablement créer les conditions d’égalité, je le redis, la loi ne peut pas tout. Il faut sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge, à l’école, puis au collège et au lycée. Pour faire évoluer les mentalités, il faut mettre en place une sensibilisation sur l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les filles et les garçons, la lutte contre les préjugés sexistes, sur le respect. C’est par l’école que cela passera. Cette sensibilisation doit être faite en fonction du public mais également s’adapter aux élèves.

 

Cette sensibilisation doit-elle aussi se faire à travers l’éducation à la sexualité ? 

Nous assistons à un accroissement du nombre de jeunes filles adolescentes victimes d’agressions sexuelles. L’une des explications est la suivante : les enseignants le signalent, et les statistiques vont le démontrer, les jeunes garçons font de plus en plus leur éducation sexuelle à travers internet et les films pornographiques, ce qui fausse la vision de la femme et de la sexualité et les conduit à des dérives sexistes. Il faut introduire dans les programmes scolaires l’éducation à la sexualité dans le respect de l’autre.

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