ITW DJAZIA SATOUR


Jeudi, 5 Mai, 2011
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ITW DJAZIA SATOUR

Nadjib SELLALI : Quelle serait la plus fidèle description que l'on pourrait faire de toi et de ta musique ?

 

Djazia SATOUR : Je fais de la musique depuis une quinzaine d'année, j ai bossé sur diverses formations, notamment celle de MIG, qui était un trio grenoblois qui a fait deux albums et qui a pas mal tourné. Le groupe MIG a surtout constitué pour moi la première expérience artistique dans laquelle j'ai pu explorer l'écriture et la composition, en collaboration bien sûr, avec les éléments du groupe et bien d'autres. Cette aventure aura duré six ans, c'est ce qu'on appelle une belle rampe de lancement non ? (sourire)

Suite à la séparation de MIG, j'ai décidé de me lancer en solo avec comme perspective d'exploiter plus en profondeur des directions artistiques que nous avions abordées trop superficiellement à mon goût. J'ai notamment rompu avec l'aspect très électro du groupe pour un son beaucoup plus acoustique, beaucoup plus chaud aussi, beaucoup plus joué sur scène...

N.S : Justement ! Ta musique explore différentes fusions musicales, projetant l'auditeur vers une diversité d'horizons, ce qui m'amène à te questionner sur tes sources d'inspiration...

D.S : L'interrogation est intéressante, la complexité de mon processus créatif aussi (rire), mais je t'avouerai que c'est une chose que je ne maîtrise pas vraiment... C'est quelque chose de très aléatoire. J'avais envie de toucher à plein de choses en sortant du groupe MIG, mais mes aires de forage restent essentiellement issues de ce que je suis, de mon histoire, de ce que j'ai vécu mais je ne m'impose aucune rigidité. La spontanéité créatrice est chez moi un terrain plus fertile que la pensée unidirectionnelle. Souvent il m'arrive de me rendre compte après l'écriture, après la mise en musique, de me rendre compte de ce que je voulais exprimer. C'est vrai que les titres que je sors aujourd'hui sont profondément empreints de ce que j'ai vécu ces deux dernières années ; j'aborde beaucoup l'affirmation de soi, l'idée d'aller de l'avant, la "positive way of mind", j'avais envie de m'affranchir des lourdeurs du passé, des souvenirs, des traces qui ont pu être douloureuses... Ce disque est un pure produit de ce que j'ai pu être ces deux dernières années, de la façon dont j ai pu chercher ma voie et de mon affirmation au final.

N.S : De ce que tu nous en dis cela ressemblerait presque à "l' album de la maturité", je me trompe ?

D.S (rire) : Disons qu'avec ce six-titres j'y vais doucement, c'est la première pierre à mon édifice, c'est juste un extrait de mon répertoire en fait car tu te doutes bien qu'il est bien plus vaste. Pour ce premier disque, j'ai voulu procéder par étape, en fonctionnant dans un premier temps en auto prod, en présentant un florilège de mes tendances du moment à travers ces six-titres...L'album, lui, est en préparation et je t'avouerais que pour le moment je n'ai aucune idée de l'orchestration qu'il va avoir vu que je me sens encore en perpétuelle évolution. Donc tu vois... l'album de la maturité... c'est pas pour tout de suite (sourire)...

N.S : Quand j'observe la scène française, je ne peux m'empêcher de penser que tu es un OVNI dans cette sphère-là. Qu'en penses tu ?

D.S : C'est justement ce que me renvoie la scène française, je le comprends et pour tout t'avouer, je trouve ça génial ! Tu n'imagines pas la qualité du compliment que tu viens de me faire (rire). Je ne cherche pas à me trouver une place-là dedans ou à coller à une définition, ce qui me permet d'évoluer un peu en marge. C'est justement l'intérêt de tout un tas de projets comme ça qui existent et qui alimentent une certaine diversité. En tout cas pour moi c'est plutôt une bonne chose que l'on me perçoive ainsi parce que je ne me retrouve pas dans ce qui se fait aujourd'hui sur la scène française.

N.S : Et qu'est-ce que tu as trouvé en laissant plus de place à l'acoustique dans ce six titres ?

D.S: J'y trouvé plein de choses, notamment dans ma façon d'aborder la composition en revisitant des méthodes plus classiques ce qui m'a permis de mettre plus l'accent sur l'aspect mélodique qui reste le fondement de mes chansons. Il a fallu que je noue avec mes propres inspirations, mes propres accords, ce qui m'a amenée à me mettre au piano par exemple. Le travail avec les instruments est arrivé après que les chansons soient entièrement prêtes, ce qui peu paraître bête mais pour moi c'est assez nouveau. Je ne voulais pas être freinée par l'habillage musicale en me concentrant sur la chanson en tant que telle, ce qui m'a du coup permis de recréer à nouveau une dynamique de groupe mais avec des musiciens complétement nouveaux qui ont apporté leurs touches et leurs arrangements. Ça a permis de les jouer durant une certaine période, de les laisser mûrir et d'être dans l'échange avant de les produire sur scène; ça a été un vrai bonheur pour moi de travailler ainsi et le titre M'ssira, avec son orchestration violon/violoncelle en est un bel exemple.

Propos reccueillis par Nadjib SELLALI.

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