D.Vaillant et A.Lepetit : "Cannabis : Il faut sortir de l'hypocrisie"


Lundi, 15 Août, 2011
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Dans un récent rapport, Daniel Vaillant et Annick Lepetit se prononcent en faveur d'une légalisation contrôlée du cannabis, afin d'enrayer le trafic, aujourd'hui encore générateur de nombreux conflits et de délinquances. Rencontre au sortir des conclusions du groupe d'étude. 


Sortir de l’’hypocrisie concernant le cannabis, c’’est ce que préconise le groupe de travail présidé par Daniel Vaillant, qui a présenté à la presse le 15 juin dernier, avec Annick Lepetit, un rapport pour le groupe socialiste à l’’Assemblée Nationale. Dans un premier temps, le rapport dénonce l’’échec de la politique de prohibition de la France qui applique une des législations les plus répressives d’’Europe pour un taux de consommation des plus élevés. Une répression chiffrée à 523 millions d’’euros en 2003. Dans un deuxième temps, il préconise une « légalisation contrôlée du cannabis ». Ce contrôle passerait par la création d’’une filière horticole et labellisée, l’’encadrement des importations, jusqu’’à l’’ouverture d’’établissements sous licence proposant la vente seule ou la vente et la consommation sur place, outre l’’autorisation d’’une consommation de nature thérapeutique, dont les bienfaits sont unanimement reconnus selon le rapport. Une légalisation contrôlée censée juguler la délinquance. « Concernant, les établissements autorisés à la vente et à la consommation sur place, notre démarche souhaite apporter une solution aux problèmes liés à l’’usage dans l’’espace public ainsi qu’’à l’’occupation des halls d’’immeubles par des jeunes fumant du cannabis, faute d’’autres lieux pouvant les accueillir. Aucune vente et consommation d’’alcool n’’y seront autorisées », explique le rapport.

Interpellés sur la nécessaire prépondérance de la prévention par Pote à Pote lors de la conférence de presse, les deux parlementaires reconnaissent les effets néfastes du cannabisme, la consommation sans modération de cette substance : « Notre rôle est de mieux lutter contre le trafic, mais aussi de mieux appréhender les questions de prévention pour éviter que des gamins de 10-12 ans commencent à consommer du cannabis parce que forcément beaucoup le feront, en fumant beaucoup. Et il faudra leur expliquer que s’’ils fument plusieurs joints par jour, ils ne pourront plus suivre à l’’école, ni trouver de boulot. Ce sont, certes, des choses difficiles à expliquer mais qui sont du ressort de l’’Education Nationale. Il faut doter les parents de ces outils-là, mais aussi impliquer les animateurs dans les centres de vacances et tous ceux qui participent à ces politiques publiques en matière de prévention au sens large du terme.»

A l’’heure où la dépénalisation et une timide légalisation du cannabis sont en oeuvre dans plusieurs pays d’’Europe, la France n’’a pas encore résolu la quadrature du cercle qui enrayera les trafics et la montée de la délinquance tout en préservant la santé de ses enfants. Une mission que le PS a déjà repoussé au-delà de 2012, après les présidentielles.

 

Christine Chalier (Propos recueillis par Slimane Tirera et Julien Vanhée)

 

 

 


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