L’accès aux soins fantômes des Sans-Papiers


Lundi, 15 Août, 2011
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Alors que les droits des étrangers à prétendre à des soins de qualité en France s'amenuisent, Pote à Pote s'est "amusé" à regarder comment on fait, pour se soigner, quand on est sans pap'...


Selon la charte sociale européenne, au même titre que tous les résidents de l’Union, les personnes en situation irrégulière doivent bénéficier d’une protection sociale. Mais, un «curieux» constat se fait dès lors qu’on parle de l’accès aux soins...

 

« • Article 11 – Toute personne a le droit de bénéficier de toutes les mesures lui permettant de jouir du meilleur état de santé qu’elle puisse atteindre.

 

Article 13 – Toute personne démunie de ressources suffisantes a droit à l’assistance sociale et médicale.

 

• Article 14 – Interdiction de discrimination. La jouissance des droits et liberté reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.»

 

Mais dès lors qu’il s’agit de l’accès aux soins, on constate qu’il y a une différence entre les textes de la Charte et la réalité. Peut-on affirmer que les sans-papiers jouissent de ce droit d’accès aux soins médicaux? J’ai voulu savoir ce qu’il en est en France, aujourd’hui, réellement.

 

En vrai, la loi française est quand même bien faite. Afin de respecter la Charte européenne qui préconise un accès aux soins pour tous, un élément à été créé : l’AME L’Aide Médicale d’Etat comme son nom l’indique, est une aide qui a pour but de permettre aux personnes étrangères résidant en France en situation irrégulière, de manière ininterrompue depuis plus de trois mois, de bénéficier gratuitement de soins médicaux. Mais avant d’avoir droit à ce « sésame », le malade se retrouve face à des difficultés. L’une d’elles est de savoir où aller pour se faire soigner. Sachant qu’il ne peut pas se rendre aux urgences des hôpitaux, soit parce qu’étant sans-papiers, il craint de se faire arrêter. Soit pour une raison toute simple : il n’a pas les moyens de payer ses frais médicaux. Mais même avant de savoir où se rendre, le malade se retrouve face à un système qui a pour but de le décourager dans ses démarches.

 

J’ai fait l’expérience de me rendre dans un grand hôpital parisien afin de savoir où aller lorsqu’on est sans papier. Deux heures plus tard, après avoir visité et sympathisé avec la quasi totalité de l’hôpital . . . RIEN, le NEANT! Personne ne pouvait me dire où aller exactement. Autrement dit cette visite s’apparentait plus à la quête du Graal qu’à un simple renseignement. Si l’on rajoute à ça le fait que certains membres du corps médical, refusent de soigner des malades qui possèdent l’A.M.E. sous prétexte que ceux-ci feraient des abus, puisqu’ils savent qu’ils ont accès gratuitement à tous types de soins. Alors j’ai envie de dire:

 

« Oh toi SANS-PAPIERS! Qui est venu ici pour te faire soigner. Accroche-toi, car tu n’as pas fini de galérer! »

 

Ce manque de coopération de la part de l’État et du milieu médical est d’autant plus incompréhensible, puisqu’eux-même reconnaissent que si le bénéficiaire retarde son recours aux soins, il pourra faciliter la propagation de certaines maladies, telle que la tuberculose ou la gale. Et que si la prise en charge est plus tardive, d’un point de vue économique, le malade coutera plus cher en dépense totale de l’AME. C’est donc plus couteux, sanitairement et économiquement, de ne pas respecter les Sans-papiers, et la Charte.

 

Néanmoins des associations comme MDM (Médecins du Monde) se sont fixés pour mission de défendre ce droit. Il existe des centres médicaux qui fournissent gratuitement des soins aux malades qui ne possèdent pas l’AME. Certains hôpitaux en partenariat avec MDM proposent des points PASS ( Permanences d’Accès aux Soins ), dans lesquels le malade est pris en charge et soigné. Heureusement pour eux, et pour nous spectateurs de ce système injuste et limite xénophobe, ces associations luttent encore pour que l’accès aux soins pour les sans-papiers reste un droit fondamental, et tentent de faire de ces textes juridiques une réalité... non-fantômatique.

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