Anne Fraquet : se mobiliser une fois de plus


Lundi, 1 Février, 2016
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Anne Fraquet est responsable des questions de société au sein du syndicat étudiant UNEF. Pour elle, qui a grandi dans une France métissée, les droits des étrangers sont une évidence. 


Pour les jeunes, c’est vrai que cette problématique est un peu particulière, parce qu’on a toujours vécu dans une France métissée où on allait dans la même école, où les gens avaient, pour nous, par essence, les mêmes droits, parce qu’on se ressemblait, parce que nous n’avons pas forcément vécu ce qu’ont vécu nos aînés, où ils ont dû, comme il y a 30 ans, se lever pour faire des marches contre le racisme, pour mener des batailles contre des événements racistes qu’il y avait dans la société. 

 

Après 30 ans où on parle toujours du droit de vote des étrangers au futur, je pense qu’il y a un réel besoin, à la fois des organisations de jeunesse, à la fois de toute la société civile de se mobiliser une fois de plus pour mener la bataille sur le long terme, pour obtenir ce droit de vote, parce que c’est rarement facile et souvent très long. Je ne sais pas si c’est parce qu’on en parle beaucoup ou parce qu’on en parle peu qu’on obtient ou qu’on n’obtient pas. Par contre, je suis à peu près sûre d’une chose, c’est que tant qu’on n’obligera pas, tant qu’on n’aura pas la capacité de faire parvenir ce débat jusqu’à l’hémicycle, d’obliger les représentants nationaux de la République d’en parler, c’est sûr, on ne l’obtiendra pas. Il y a un réel besoin d’ouvrir la démocratie en France, de laisser parler ceux qui y vivent. 

 

L’UNEF, par exemple, on avait avec le collectif droit de vote 2014 dédié le festival étudiants contre le racisme, qu’on organise chaque année, au droit de vote des étrangers en 2014, parce que, oui, on était peut-être et je ne l’espère pas utopiques, mais on voulait vraiment que ça passe pour ces municipales-là. Ca n’a pas été le cas. Pour autant, il y a des élections qui s’avancent devant nous. L’objectif, en étant tous mobilisés, c’est de pouvoir peser sur ces candidats, sur les partis qui vont se présenter pour pouvoir obtenir des engagements de leur part. Aujourd’hui, il y a un réel besoin de ne pas fermer la République, de ne pas la laisser s’empoussiérer dans ce qui est fait depuis maintenant plusieurs années, dizaines d’années. Il y a un réel besoin de faire entendre la voix de tous ceux qui constituent la République et pouvoir mener une bataille culturelle sur la citoyenneté, le droit de vote, et la solidarité au sein de la société.

 

Anne Fraque


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