Akli Mellouli : Le mépris du renvoi vers le communautarisme


Lundi, 1 Février, 2016
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Le droit de vote des étrangers a suscité beaucoup d’émotions, en pour, mais aussi en contre. Certaines personnalités de droite estimant que les électeurs étrangers voteraient pour des élus étrangers, ceux-ci étant supposés introduire du hallal dans les cantines ou encore des horaires séparés dans les piscines... Un délire méprisant que dénonce Akli Mellouli, maire adjoint de Bonneuil Sur Marne.


Il n’y a pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, de vote communautaire. Les gens ne voteront pas pour Mohamed, parce qu’il s’appelle Mohamed. Ça s’appelle du mépris. Ça veut dire qu’on pourrait penser que certains ne voteraient pas en fonction de valeurs. Les gens votent en fonction de valeurs et d’ailleurs, je peux le déplorer, mais quand je vois certains -entre guillemets- issus de l’immigration se retrouver au Front National, ça me désole. 

 

Mais à la rigueur, il n’y a pas de raison qu’ils ne portent pas aussi ces valeurs de haines. Ils peuvent avoir la haine d’eux-mêmes aussi. Cela démontre que le spectre est plus large puisque nous nous retrouvons dans tous les partis politiques, avec des accords. Donc, nous sommes constitués comme les autres.

 

Ce débat, on l’a eu pour les femmes. Certains se sont opposés au vote des femmes en disant, elles vont aller voir le curé le dimanche et puis elles voteront ce que leur dira de voter le curé. Résultat, on voit bien que les femmes votent bien sûr comme leur dit le curé... D’ailleurs sur un certain nombre de choses, le droit à l’avortement, etc., elles votent tout à fait comme le curé. Si on veut que les gens se sentent concernés, il faut qu’ils puissent agir. Et ce n’est pas seulement l’élection locale, c’est à toutes les élections. 

 

Je crois que les gens ont besoin, si on veut les impliquer, si on veut des citoyens responsables, de pouvoir faire des choix. Ils doivent choisir les gens qui doivent les représenter. Quelle que soit la durée d’ailleurs. On peut mettre des critères, mais c’est des critères qui se basent sur quoi ? Sur quelle conception ? 

 

La difficulté rencontrée à l’heure actuelle, c’est la necessité d’obtenir les trois cinquièmes au parlement. Mais quand on dit, il faut les 3/5, ça veut dire qu’on pense qu’il manque 32 voix qu’on irait chercher à l’UDI. Je sais que Samuel Thomas, ici présent, a beaucoup œuvré là-dessus. Il a essayé d’aller convaincre des parlementaires de l’UDI qui lui ont dit qu’ils le feraient, mais ça veut dire qu’on pense que toute la gauche doit voter. Alors que moi, j’entends des élus, je ne vais pas citer les partis, qui ont déjà déclaré qu’ils ne voteraient pas cette loi. François Hollande a fait une erreur de le mettre dans son programme, si c’est pour ne pas le faire. Quand on parle beaucoup de quelque chose, à mon avis, c’est que c’est mort d’avance et je pense que le droit de vote, il faut le faire sans en parler. 

 

On en a beaucoup trop parlé et on a beaucoup trop créé de crispation, comme si on essayait de désigner un bouc émissaire pour fédérer. On ne peut pas fédérer les autres en «contre», parce qu’aujourd’hui, nous sommes dans une société qui se fédère contre et non plus pour. Et donc, il est important que les politiques fassent de la politique, redonnent du sens et des valeurs. Je crois qu’en «contre», on arrive à se retrouver dans les combats avec tout et n’importe quoi. On l’a vu sur le mariage pour tous...

Akli Mellouli


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