« Pour réguler les flux d’immigration, il faut aider les étrangers chez eux ! »


Lundi, 15 Novembre, 2010
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Eric Besson, Ministre du Ministre de Immigration et de l’identité nationale et du développement solidaire (Fillon 2).
Lorsqu’on est de ceux qui prônent les expulsions et refusent les régularisations, il est de bon ton de scander un argument déculpabilisateur choc : il faut aider les étrangers chez eux !

Dans la logique toujours plus prégnante de faire des sans-papiers les bouc-émissaires de la société actuelle, on se sert du mythe persistant qui présente l’étranger clandestin comme celui qui vit grâce aux aides sociales françaises sans chercher à travailler. On nous présente ainsi la politique de retour forcée comme bénéfique pour tout le monde : il faudrait expulser les sans-papiers afin qu’ils cessent de vider les caisses de l’Etat français et puissent (enfin) aider à la reconstruction de leur pays d’origine qu’ils ont (lâchement) abandonné. Cohérence, pertinence, humanisme? Leurre ! Parce que la grande majorité des sans-papiers sont travailleurs. Et ces travailleurs sans-papiers participent pleinement à l’économie française. En payant des impôts et en cotisant à toutes les caisses, dont ils n’ont pas le droit de bénéficier en retour. En développant des secteurs en manque de main d’oeuvre comme le BTP ou la restauration, acceptant des emplois que refusent nombres de salariés en situation régulière. En payant la TVA comme tout un chacun lors de chaque achat.


Il est aujourd’hui absolument indéniable que les travailleurs sans-papier contribuent largement par leur production mais également par leur consommation, à l’économie française. Mais qu’en est-il de cet argument, en apparence réellement altruiste de penser au développement des pays d’origine de ces travailleurs ? Hypocrisie ! Le rapport 2006 « Global development finance » de la Banque Mondiale informe que « l’argent envoyé par les travailleurs migrants (dont les sans-papiers) vers les pays d’origine est 161 milliards de dollars et représente plus du double de l’Aide Publique au Développement (APD) qui est de 79,6 milliards de dollars ». Et la France ne fait pas exception. Bien au contraire, l’argent envoyé par les travailleurs à leur famille est 3 fois supérieur à l’APD française, qui se elle, se réduit chaque année : 0.39 % du PIB en 2009. Les travailleurs sans-papiers participent donc aussi pleinement à l’économie de leur pays d’origine, en envoyant de l’argent à leur famille élargie. Car dans la majeure partie des pays du Sud, c’est l’ensemble de la communauté qui bénéficie de ces transferts financiers.

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