Le combat de Monseigneur Duval pour la liberté des peuples d’Algérie


Samedi, 13 Octobre, 2012
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Alors que la guerre d’Algérie faisait rage, le Français Léon-Etienne Duval, archevêque d’Alger, n’a pas hésité à prendre position pour l’indépendance de l’Algérie, condamnant la violence et l’usage de la torture.

 


Ses détracteurs le surnommaient « Mohamed Duval ». Un surnom qu’ils n’ont pas choisi au hasard, tant Monseigneur Léon-Etienne Duval, archevêque d’Alger, était un farouche défenseur de l’Algérie indépendante. « Ils m’ont rendu un très grand service. Ce surnom de Mohamed Duval en fait m’a fait plaisir parce qu’il a prouvé une chose, c’est que l’église catholique n’est pas ghetto, elle n’est pas une chapelle fermée, elle est ouverte à tout le monde, elle doit être accueillante pour n’importe qui quelque soit sa position religieuse ».

 

C’est en mars 1954, quelques mois avant le début du sanglant conflit, que l’archevêque fait ses premiers pas à Alger. Il ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de défendre la liberté des peuples de sa terre d’adoption. Il exprime clairement sa position le 16 mai 1955 : « Il faut assurer par le dialogue la libre expression des aspirations légitimes… et donner satisfaction à la volonté d’autodétermination des populations dans le respect des droits des personnes et des communautés ». Il condamne sévèrement la violence et l’usage de la torture, pratique courante durant la guerre d’Algérie. Des prises de positions cinglantes appréciées par les populations, qui lui vouent un véritable respect. Mais l’archevêque agace côté français. Les généraux et les Européens vivant dans le pays ne le considèrent plus comme l’un des leurs mais comme « un traitre ».

 

Monseigneur Duval est en effet intervenu de nombreuses fois pour éviter que des prisonniers du FLN soit condamné à mort ce qui lui vaut d’être accusé de soutenir le Front de libération national (FLN) algérien. « Nous avons défendu des personnes. Je demeure personnellement hostile à la peine de mort à l’égard de quiconque, même celui qui a commis des actes qui sont jugés sévèrement par la société, la peine de mort est à exclure, car l’homme ne peut pas, ne doit pas disposer de son semblable, la vie de son semblable est à Dieu ».

 

Quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, le Vatican salue son engagement et le nomme cardinal. Il obtient la nationalité algérienne en 1964 et décide de rester dans sa terre d’adoption. « L’Algérien de cœur » y meurt à l’âge de 93 ans, le 30 mai 1996. Le combat de Monseigneur Duval est gravé dans la mémoire des Algériens. Aujourd’hui encore, ils se souviennent de l’archevêque qui a dit « non » à la guerre d’Algérie.

 

Assanatou Balde

 

 

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