Le droit à l'avortement, un acquis toujours remis en question


Lundi, 17 Août, 2009
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La loi Veil, comme le droit à la contraception, a été un véritable combat pour les  mouvements féministes Français, des années de lutte et de conscientisation de la société Française ont été nécessaires.

Rappelons-nous qu’avant 1965 une femme, en France, avait besoin de l’autorisation de son époux pour travailler ou ouvrir son compte bancaire. Les mouvements féministes (MLF, Planning Familial), médecins, artistes et anonymes ont eu le courage et la détermination  de mener le combat pour la défense des femmes à disposer de leur corps. On se rappelle  du « Manifeste des 343 avortées ».

Ou  encore de l’édition du 5 avril 1971 du  Nouvel Observateur, publiant une liste de 343 femmes dite « Manifeste des 343 salopes »,  qui déclaraient avoir avorté dont des personnalités publiques parmi lesquelles Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Gisèle Halimi, Jeanne Moreau, Françoise Saganment.

La loi Veil du 15 janvier 1975 autorise l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Un texte  avait été provisoirement  voté pour 5 ans. Le vote définitif se fera en 1979.

Grâce à Simone Veil, Ministre de la Santé de l’époque, les contraceptifs sont remboursés par la Sécurité Sociale et les mineures peuvent y avoir recours sans l’autorisation de leurs parents.

A l’époque on pouvait entendre  des députés, contre la maternité volontaire, s’exprimer ainsi : « Armée du vice... Décadence qui mène aux abîmes... La libéralisation de l’avortement servira toujours les intérêts des prostituées mondaines du XVI° arrondissement » 
Pierre Bas, Député UDR de Paris, ou encore : « Pour éviter que le vice devienne une religion, devenons la société protectrice de ces merveilleux petits Tom Pouce » René Féït, à propos des fœtus.

Depuis 1995, des actions commandos anti-avortement refont « surface » en France ; le droit à l’avortement et à la contraception reste donc une conquête inachevée. La Pologne est un exemple du retour en arrière, pratiquée légalement pendant plus de quarante ans, l'IVG a été de nouveau interdite en 1997. L'interruption de grossesse n'est admise que pour  deux raisons ; viol ou anomalie du foetus.

En Irlande, Malte et Chypre l'avortement reste illégal.

En Irlande, l'IVG reste autorisée dans un seul cas, celui où la vie de la mère est en danger. Une grossesse, résultant d'un viol, ne peut être légalement interrompue. Au Portugal, le Parlement a adopté, le 8 mars 2007, un projet de loi légalisant l'avortement jusqu'à la dixième semaine de grossesse. Le 11 février 2007, les Portugais s'étaient prononcés par référendum.

L'UE n'est pas compétente en la matière pour légiférer. Néanmoins, dans une résolution du 3 juillet 2002, le Parlement Européen recommande aux Etats membres de légaliser l'avortement.

La Loi de Finances 2009  a voulu diminué de 42% la dotation pour des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple et affective. La mobilisation du Planning Familial et de tous a empêché cette diminution.

L’instrumentalisation exercée par le politique ou le religieux, sur le corps, je dirai même le sexe et la sexualité des femmes est un danger pour l’égalité homme/femme, restons vigilantes et vigilants.

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